En 2016, donc quelques mois avant l’affaire « Weinstein », un précédent scandale éclata aux États-Unis. Trop peu abordé par la presse francophone, l’esclandre eu une large couverture à l’autre bout du monde et fit couler ladite chaîne tv et son effroyable patron.


Greta Carlson travaille depuis une bonne dizaine d’années à la Fox News en qualité de présentatrice fortement appréciée par les téléspectateurs-trices. Pourtant sans raison valable officielle, elle se fit soudainement licencier par sa direction. Cependant, la présentatrice vedette n’a pas dit son dernier mot, car quelque temps plus tard, elle porta plainte pour harcèlement sexuel contre le Président de Fox News, Roger Ailes. Pensant que l’affaire allait s’embourber dans des procédures administratives, Greta fut très surprise de constater que sa collègue présentatrice Megyn Kelly se joignit à elle par rapport aux accusations. Puis peu à peu, les langues se délient et plusieurs générations de femmes se sentir la force de s’unir et d’expliquer publiquement leurs vécus. Jusqu’au fameux démantèlement de la direction…

Autant être honnête, « Scandale » est un long-métrage effrayant de par son réalisme et l’univers sans pitié des médias et l’humain au sens large. Car même si les femmes sont les principales cibles du vicieux Roger Ailes, la réalisation démontre avec justesse que la gente féminine ne fait pas systématiquement preuve de solidarité.

Si le long-métrage demeure intéressant et captivant, entre autres parce que l’affaire a très peu défrayé la chronique au sein du Vieux Continent, le problème principal se situe au niveau d’une partie des dialogues du casting. En effet, certains noms de famille, abréviations ou manières de parler ne sont pas connus en Europe. De ce fait, il est parfois difficile de suivre et comprendre qui joue quel personnage, la signification de noms propres ou la véritable reconnaissance de « Fox News » au sein du paysage médiatique américain.

Quoiqu’il en soit, « Scandale » demeure outrageant à souhait et parfois dérangeant. Car même si l’histoire contient de nombreux faits révoltants s’étant déroulés, la partie fictive du long-métrage s’imbrique parfaitement bien à la réalité. Ceci, grâce au metteur en scène Jay Roach (« Trumbo ») qui a su exactement comment accompagner et diriger le trio principal formé par Nicole Kidman (« Aquaman »), Charlize Theron (« La Famille Adams ») Margot Robbie (« Once Upon A Time in… Hollywood »). Si le rôle de cette dernière s’avère être totalement imaginé contrairement à ses consœurs, ses messages et dialogues marquent davantage sans nul doute. Afin de mieux les comprendre ainsi que leurs sens, le plus simple est d’aller voir la réalisation au cinéma.

S’il reste difficile pour les pays en dehors des Etats-Unis de saisir l’importance de « Fox News », la réputation de la chaîne télévisée demeure très négative et même en Europe, il se sait couramment que la plupart des employé-e-s dudit média sont majoritairement des Républicains. Là encore, de grandes différences se perçoivent entre le Vieux Continent et le pays de l’Oncle Sam. Certes, la politique a beaucoup d’importance au niveau des directions des médias télévisés européens. Toutefois, le choix des partis s’avère encore plus ancré au niveau de la chaîne américaine conservatrice. Un fait semblant anodin à priori, mais qui en fin de compte, est loin d’être dérisoire lorsque « Fox News » recrute de potentiels-les employé-e-s.

Il demeure nécessaire de comprendre également cet aspect avant d’avoir vu « Scandale » car le côté machiste des « mâles », le harcèlement volontaire de certains d’entre eux et le côté égoïste de l’entier des collaborateurs-trices, a un lien direct avec le choix du parti. Si ces informations ne révèlent pas des éléments capitaux quant à l’histoire, les connaître permettront de mieux s’imprégner de l’atmosphère et de l’histoire de la chaîne télévisée, à la fois appréciée et critiquée par les Américains-aines.

Quoiqu’il en soit, « Scandale » démontre que le passé peut revenir d’un seul coup et briser à jamais une vie. L’œuvre cinématographique expose aussi clairement qu’une solidarité entre victimes (femmes et hommes) permet de dénoncer le-la détracteur-trice et qu’il ne faut en aucun cas, hésiter à dénoncer avec des preuves ce genre de personne.

Annoncé comme un film féministe, « Scandale » respecte et rend hommage aux femmes victimes d’harcèlement et désireuses de porter plainte. Mais la réalisation représente bien plus encore. Et s’elle s’adresse à un large public et s’avère être très intéressante, les chiffres du box-office sont malheureusement mauvais jusqu’à présent, les Etats-Unis compris. Il est donc à espérer que les spectateurs-trices soient davantage curieux-euses en Europe afin de le découvrir, de l’apprécier et par rapport aux gens concernés, en ressentir l’impulsion pour dénoncer les harceleurs-euses.

Scandale (Bombshell)
USA – 2019
Genres Biopic, Drame De Jay Roach
Avec Nicole Kidman, Charlize Theron, Margot Robbie…
Impuls
22.01.2020 au cinéma

"Scandale" : Le combat féminin qui fit couler « Fox News »
4.0Note Finale