Le 24 mai dernier, veille de clôture du Festival de Cannes, l’interprète de « Rambo » et « Rocky » a donné une Masterclass aux admirateurs venus du monde entier. Beaucoup seront refoulés à l’entrée… Les places sont chères à Cannes !


Après une entrée triomphale appuyée par de longues acclamations de la part de l’audience présente pour assister à sa Masterclass, Sylvester Stallone prend place en face du journaliste et animateur pour l’occasion, Didier Allouch, avant d’adresser à la foule un grand et profond « Yo ! », avec la voix grave qui le caractérise.

La Masterclass débute avec les bases. Celles que tout le monde connaît. Celles qui ont fait de lui une icône. « Rocky », premier volet d’une saga, est réalisé en 1976 par John G. Avildsen et révélera Stallone au grand public. Une image de combattant sur fond de « The Eye of The Tiger », qui lui collera à la peau. Mais au-delà de la boxe, Balboa et Stallone partagent une fragilité commune. « Ce qui m’a attiré chez Rocky, c’est cette volonté qu’il a d’être spécial, hors du commun, différent des autres. Car c’est exactement ce contre quoi je me battais quand j’étais gosse », explique aujourd’hui l’acteur, 43 ans après la sortie du film. Suite à des complications à la naissance, Stallone souffre d’une paralysie faciale de la partie inférieure gauche et, par conséquent, a de la peine à s’exprimer à se faire comprendre dans ses jeunes années.

« La vie est une course, une bagarre même. Et la boxe en est la métaphore ».

Mais de cette souffrance, il fera une force : « La vie est une course, une bagarre. Et la boxe en est la métaphore », lance le septuagénaire en guise de philosophie de vie. Didier Allouch en a profité pour lui remettre une photo de Jean-Paul Belmondo, torse nu, en gants de boxe. Un sport qui a toujours fait la passion du Professionnel. « Notre boxeur national tenait à ce que vous l’ayez en souvenir. Il vous admire beaucoup ! », a annoncé l’animateur de la Masterclass en remettant à Sylvester Stallone le cliché de Belmondo. Un clin d’œil qui a beaucoup plu à la star américaine.

Après ce premier volet primé aux Oscars, Sylvester Stallone avoue avoir eu « la pression pour le second ». De plus, le film est devenu « un véritable phénomène populaire ». Un succès que Stallone explique par le côté humain et universel du personnage de Rocky : « Il n’a pas peur de tomber et d’échouer, avant de parvenir à atteindre le sommet. Car les échecs vous rendent plus intelligents. On ne peut qu’apprendre de ses échecs ». Si « Creed«  a permis à la nouvelle génération de connaître Rocky, Stallone compte bien ne pas poursuivre sur cette lancée. Il lâche un petit indice à propos de ses envies futures : « J’ai encore de bonnes idées pour ce personnage…« . Malgré la ténacité de Didier Allouch, l’acteur américain ne dira rien de plus. Affaire à suivre pour les fans et autres admirateurs du boxeur.

Ce body-buildé au grand esprit
Un autre film qui l’a rendu célèbre, c’est « Rambo », dans lequel Stallone incarne le personnage du même nom. Une masculinité puissante, un corps body-buildé et ultra viril, avec la guerre du Vietnam pour toile de fond. Selon l’acteur, « Rambo représente bien plus qu’un simple héros de film d’action ». Des allures de film aux intentions politiques d’ailleurs. « J’ai fait beaucoup de recherches sur la guerre du Vietnam. J’ai appris que beaucoup de soldats se donnaient la mort en revenant du combat », se souvient-il. « Ce film a eu un retentissement politique malgré lui, car ce n’était pas son but premier ». Avant de tourner « Rambo« , Stallone assure n’avoir jamais voté dans son pays. Après la sortie de ce premier opus en 1982, l’acteur rencontre le Président américain de l’époque, Ronald Reagan. Celui-ci lui à la star de cinéma : « J’ai vu votre dernier film. Et je peux vous dire assurer que Rambo est un Républicain !« . Sylvester Stallone se frappe le front, comme pour exprimer le ridicule de l’épisode qu’il est en train de relater. Une exclamation présidentielle qui venait légitimer et glorifier le parti de la droite américaine, dont Reagan était issu.

« Quand vous travaillez votre corps, votre personnalité change également ».

« Normalement, Rambo aurait dû mourir à la fin du second volet. Mais j’avais envie d’incarner ce personnage à nouveau », dit celui qui enfilera son costume pour la cinquième fois cette année. La sortie de « Rambo 5 » est prévue pour l’automne. « Rocky » et « Rambo » consistent deux films pour lesquels Stallone s’est investi physiquement. Pour être crédible dans ces rôles, il estime devoir sculpter sa silhouette : « Quand vous travaillez votre corps, votre personnalité change aussi. Vous agissez différemment », a confié celui dont on devine encore les muscles à travers la chemise,, malgré son âge. Mais l’acteur, qui fêtera ses 73 ans en juillet prochain, reconnaît que les années passent : « Il ne faut pas prétendre être le même qu’au début. Je ne suis plus celui que j’étais ! », ajoute-t-il avec recul et sagesse.

Keep Punching !
Quelques années plus tard, en 1997, Sylvester Stallone change de registre. Il incarne un shérif de banlieue dans « Cop Land », aux côtés de Robert De Niro et Ray Liotta. Moins glorieux que les rôles auxquels il nous avait habitués. Il raconte une anecdote : « Quand ma fille l’a regardé, elle m’a immédiatement lancé : « Mais pourquoi t’as fait ce film, il est mauvais ? » Ce à quoi je lui ai répondu : Ça a permis de payer tes études, alors tais-toi !« , entraînant le public dans un rire général suivi d’applaudissements.

Après 50 ans de carrière, lorsqu’on lui demande quel sera son héritage au cinéma, celui-ci répond avec modestie : « Je ne crois pas qu’on puisse planifier cela. C’est le public qui en décide », confie Sylvester Stallone, conscient de son immense popularité. Avant de quitter la salle, il criera son dernier mot d’ordre au public du Festival de Cannes : « Keep punching !«  (« Continuer de vous battre, ne lâchez rien !« ). Une référence à Rocky. Évidemment !

A propos de l'auteur

Amoureux du film « American Gigolo », ses parents la prénomme en hommage à l'actrice Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, plus tard, comment rester indifférente face au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep prolonge sa culture en menant des études universitaires de cinéma. Omniprésent, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme. Preuve indélébile de sa passion, celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : « L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall ! ». Ça fait classe ! ;)

Articles similaires