"The Assassin" : Hou Hsiao-Hsien

Palme de la mise en scène au festival de Cannes, la dernière œuvre de Hou Hsian-Hsien qui s’est fait longuement désirer pendant plus de 8 ans nous gratifie d’images à couper le souffle. Malheureusement au-delà d’une succession de tableaux aussi beaux que soignés dans le moindre petit détail, le vide et l’ennui pointent rapidement à l’horizon.


Nul doute que si la qualité d’un film était uniquement basée sur son esthétisme, The Assassin pourrait être considéré comme un des meilleurs de l’année, car un point qui met tout le monde d’accord, c’est la perfection des images proposées, magnifiques comme rarement on en voit. Mais comme un admirable visuel ne suffit pas à amener une œuvre au panthéon du 7ème art, ce long-métrage ne restera pas longtemps dans le souvenir de tout cinéphile. A moins de faire part d’une certaine frange qui va chercher à intellectualiser son propos et les choix faits par le réalisateur, le fait est qu’il est difficile de se passionner pour un film dont la lenteur représente un challenge quasi-insurmontable, dont le script pourtant très basique ne connaît aucune évolution, aucun rebondissement. Si on y ajoute une quasi-absence de musique, des dialogues minimalistes avec une pseudo-intrigue politique qui ne mènera finalement à rien de concret, il devient vraiment ardu d’aller au terme du visionnage.

21ème Festival Tous Ecrans - The Assassin

Pourtant, en lisant le pitch – et si on n’est pas familier avec les autres réalisations de Hou Hsian-Hsien on aurait pu s’attendre à un film où l’action et notamment les combats à l’épée auraient la part belle peut-être même au détriment d’un scénario qui tient la route. En effet, The Assassin essaie de nous conter l’histoire, au 9ème siècle en Chine, de Nie Yinniang, une jeune femme devenue experte en arts martiaux et qui revient vers sa terre natale avec pour mission d’éliminer Tian Jian, le gouverneur de la province de Weibo. Un homme qu’elle connaît bien, car c’est celui avec qui elle a failli se marier. Nie Yinniang doit alors faire face à un dilemme : remplir le contrat et tuer l’homme pour qui elle a encore des sentiments ou écouter son cœur et se résoudre à ne pas aller au bout de sa mission.

Un script certes simple, mais qui avec une réalisation à la hauteur et une approche psychologique et les conséquences du choix aurait pu amener cette œuvre vers des sommets qu’elle ne pourra qu’apercevoir de très loin. Ou alors, peut-être en faire un pur spectacle d’action sans trop se poser de questions ?

Mais apparemment, telle n’a pas été l’option choisie et au final, nous nous retrouvons devant un long-métrage à voir uniquement pour son esthétisme comme on irait voir une belle collection de tableaux dans une galerie d’art.

The Assassin

The Assassin
De Hou Hsiao-Hsien
Avec Shu Qi, Chang Chen, Zhou Yun, Tsumabuki Satoshi, Juan Ching-Tian, Hsieh Hsin-Ying, Sheu Fang-Yi

Bonus : Bande-annonce
Impuls

"The Assassin" : une beauté soporifique
1.5Note Finale