Suite à une opération banale, d’interception d’otages au sein d’un cartel de drogues, dans le quotidien du Capitaine McKenna avortée par le crash de ce qui semble être un vaisseau extraterrestre, le gouvernement américain tente d’étouffer l’affaire. McKenna, seul survivant de son escouade, est envoyé vers un avenir psychiatrique militaire strict. Parallèlement, la biologiste Casey Brackett est exigée sur une base scientifique secrète de l’armée de ce même pays afin d’examiner une créature avec un ADN contenant beaucoup de similitudes humaines.


Cet opus tardif de la lignée des Predator ouvre un univers plus doux, plus romanesque et plus humain des célèbres aliens aux bouches crochues. Nous sommes ici assez loin du tueur animal et systématique du premier film réalisé par John McTiernan en 1987. Bien entendu, nous en apprenons plus sur cette espèce qui paraît en de nombreux points similaire à l’homme. Nous avons en commun cette soif de connaissance technologique qui nous fait miroiter un contrôle sur la génétique et ses bienfaits, occultant totalement le côté apprenti sorcier désastreux.

Le pouvoir, la soumission de l’autre, l’amour de la puissance et la convoitise à n’importe quel prix sont des objectifs que partage aussi cette espèce supérieure de guerriers. Au final, le paquet des à priori standards de savoir qui a la plus grosse ressortent également chez les predators. Du côté du scénario, qui est enjolivé par la participation de deux femmes volontaires et courageuses et d’un enfant autiste Asperger se révélant être un modèle d’adaptation pour ses paires, l’essence même de la saga perd son souffle de destruction.

Est-il vraiment important ou même utile d’adoucir ce genre de personnages ? Imaginons cinq minutes que les Aliens de H.R. Giger soient domptables au point de les envisager comme animaux de compagnie, ils perdraient toute crédibilité et tout intérêt. Oui, les effets spéciaux sont fantastiquement bien orchestrés, oui, le rythme est soutenu et ça pète de partout toutes les deux minutes, mais tout de même nous voilà devant le plus sympathique des Predator.

Gentillet même et ce n’est pas agréable de relier ces extraterrestres à un sentiment de confort. Predator doit rester un synonyme de terreur et de massacre. Sinon tout va réellement tomber en lambeaux…

The Predator
USA   –   2018   –   Action
Réalisateur: Shane Black
Acteur: Boyd Holbrook, Olivia Munn, Sterling K. Brown, Trevante Rhodes, Yvonne Strahovski, Jacob Tremblay, Alfie Allen
© Twentieth Century Fox Film Corporation. All Rights Reserved.
17.10.2018 au cinéma

The Predator : Il n’est jamais trop tard pour apprendre
3.0Note Finale

A propos de l'auteur

Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

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