Far’Hook (Sadek) est un jeune rappeur de 20 ans dont Bilal est le producteur. Suite à une violente altercation avec un rival, Far’Hook doit se mettre au vert pour une quinzaine de jours afin de se protéger avant de faire la première partie dans un concert à Marseille. C’est Bilal qui trouve la solution et qui envoie son protégé servir de chauffeur à son père Serge (Gérard Depardieu). Ce dernier avait promis à sa défunte épouse de faire le tour des ports de France pour les peindre à l’instar du peintre Joseph Vernet à qui Louis XV avait commandé des toiles de ces ports. La rencontre entre les deux personnages est digne d’un électrochoc. Il faut imaginer un ancien ouvrier français qui ne reconnaît pas un autre français d’origine différente, même si celui-ci a la nationalité française et qu’il est né en France. Tout l’antagonisme primaire vécu par une population vieillissante face à cette jeunesse qui se rebelle et qui veut être reconnue. Comment accepter qu’un français ne mange pas de cochon, qu’il ne boive pas d’alcool et qu’il ressemble si peu à la descendance de Vercingétorix ? Quant à Sadek, le moins qu’on puisse dire c’est que même s’il se révolte face à cette mauvaise foi, il reste stoïque et s’attache malgré lui à cette tronche bourrue. Compréhension pas toujours facile pour ces deux êtres écorchés, surtout lorsque Serge demande à Far’hook s’il connaît les peintres du XVIIIème et que celui-ci lui répond en lui donnant des noms de tagueurs du XVIIIème arrondissement en lui précisant qu’il connaît aussi ceux du XXème !

Gérard Depardieu est fidèle à lui-même et il était bien entendu fait pour ce rôle. Etre méchant, puis montrer son humanisme, un grand sensible dans le fond.

Sadek, ce jeune rappeur dans un rôle qui n’est pas trop musical au fond, nous montre un côté très touchant avec beaucoup de douceur, de patience et d’écoute.

Un tour de France intéressant, des rencontres inattendues, un lien qui se crée, tous les ingrédients pour rendre la problématique du racisme compréhensible et la ramener à une dimension humaine. Tous les clichés finissent par tomber et une relation d’amitié peut s’installer. Seul bémol, la bande son et les dialogues des jeunes banlieusards du début sont peu compréhensibles.

  • Un film de Rachid Djaïdani
  • Avec Gérard Depardieu, Sadek
  • Studiocanal
« Tour de France » : une rencontre improbable
4.5Note Finale