Triple 9

Le code « 999 » désigne l’alerte lancée lorsqu’un policier est blessé dans une fusillade. L’ensemble des forces de l’ordre est alors mobilisé pour lui porter secours. Forcé à réaliser un braquage impossible, un groupe de flics ripoux décide de déclencher un « triple 9 » pour détourner l’attention de ses collègues. Mais l’affaire va s’avérer plus compliquée que prévu…

John Hillcoat est un cinéaste intéressant, capable d’une mise en scène élégante qui sait être sèche quand il le faut, et qui s’accompagne souvent d’une très belle photographie. Passé par plusieurs genres, du post-apocalyptique éprouvant de La Route au récit de gangsters poisseux de Des hommes sans loi, il a su à chaque coup aborder le genre concerné de manière réellement approfondie et construire ses univers avec une vraie précision. Néanmoins, ses films ont toujours eu tendance à légèrement se dégonfler dans leur final : la conclusion de La Route tire en longueur et n’atteint pas la puissance de son ouverture, quand celle de Des hommes sans loi règle ses enjeux de façon un peu rapide et fermée en regard de ce qui était annoncé.

Triple 9 comporte les mêmes qualités et souffre des mêmes défauts. La mise en scène est efficace, véritablement tendue lors de certains passages, et la photographie joue admirablement sur les couleurs, en particulier le rouge. Malgré leur nombre élevé, les différentes sous-intrigues s’entremêlent avec fluidité et les personnages qui y évoluent existent tous. L’univers est extrêmement crédible et surtout puissamment évocateur : on nous donne à voir une société déliquescente, au bord de l’implosion. Le film baigne ainsi dans une atmosphère de fin du monde et assure une montée en tension qui devrait exploser à l’instant où le fameux « triple 9 » est déclenché. On s’attend légitimement à un final apocalyptique, hélas, il n’en est rien.

Ne sachant apparemment plus que faire de ses nombreux personnages, le récit réduit soudain drastiquement ses enjeux, qui jusque-là semblaient s’étendre à toute la ville et ne concernent alors plus que quelques individus, pour une dernière partie sous forme de règlement de comptes relativement décevant.

A l’instar des précédents films de John Hillcoat, Triple 9 ne tient pas toutes ses promesses. Mais tout comme ceux-ci, il comporte néanmoins suffisamment de qualités pour être recommandable.

Triple 9

Triple 9
De John Hillcoat
Chiwetel Ejiofor et Casey Affleck
Ascot Elite

Triple 9, ne tient pas toutes ses promesses
3.5Note Finale