Cuisinière expérimentée, la réalisatrice Tonie Marshall dévoile les secrets de la recette du navet étuvé à l’eau de rose.

Pour commencer, puiser (sans trop perdre de temps) dans le répertoire de Brigitte Bardot pour obtenir un titre assez niais pour perdre d’entrée quelques milliers de spectateurs. Puis, en faisant son marché des acteurs, bien assortir ses premiers rôles : surtout, pas de déséquilibre, ils doivent être tous deux d’une médiocrité égale. S’ils peuvent se contenter de lire le script sans trop s’approprier le rôle, c’est un plus. Par exemple : Patrick Bruel et Sophie Marceau. Ou Sophie Marceau et Patrick Bruel. Ou les deux. Avec ces ingrédients, c’est bien parti pour obtenir un bon navet al dente, mais on peut encore faire mieux. Comme construire des personnages à la hauteur du couple d’interprètes choisi : un ado de quarante ans sex-addict et une nymphomane d’une vulgarité très assumée. Le pitch ? Ils travaillent ensemble comme… conseillers conjugaux en duo ! Peu crédible. Cela dit, l’idée du cabinet de consultation est bien exploitée: le défilement des couples de patients barjos offre une succession de sketches plutôt marrants (note pour plus tard : retenir l’idée pour faire de l’ombre à une série TV à succès entre le 20h et le film du soir).

Toutefois, l’idée ne suffira pas à empêcher la fuite du spectateur à la recherche d’un minimum de qualité cinématographique. Une tentative d’apporter un peu de fragilité et de profondeur aux personnages arrive trop tard, et de manière trop courte. Seule consolation sur le plan sociologique, une fois n’est pas coutume, le Don Juan assumé de la comédie romantique est une femme, l’égalité des sexes a bien fait son chemin.

Tu veux ou tu veux pas
De Tonie Marshall
Avec Patrick Bruel, Sophie Marceau, André Wilms
JMH
Sortie le 01/10