Lorsqu’il eut été annoncé que le nouveau « X-Men » allait toucher à un arc culte du comic book et que Bryan Singer, de retour, allait réunir les anciens personnages dans une histoire mêlant deux temporalités – deux pendants de la franchise au cinéma –, l’attente était diablement forte. Le résultat? Un divertissement de qualité avec de fortes scènes (le jeu avec les portails inter-dimensionnels créés par Blink, incarnée par la belle Fan Bingbing), mais qui souffre d’une trame narrative éculée.

Si dans le comic book originel c’était Kitty qui retournait dans le passé, c’est ici Wolverine – le personnage le plus bankable – qui se charge de la mission. Le changement en soi ne pose aucun problème, mais force le récit à se reposer une énième fois sur les mêmes schémas narratifs qui structuraient déjà les précédents films: un protagoniste déchu à repêcher; des tentions politiques envers les mutants qu’il ne faut pas aggraver; le rôle ambigu de Magneto; etc. Bien sûr, ceci figure dans les comics mais d’une manière nettement plus diluée.

Avec ce nouveau X-Men, il semblerait que l’on veuille éviter toute nouveauté en réutilisant les mêmes ingrédients afin de maximiser, avec un public familiarisé avec une portion de l’univers des mutants, les recettes au box-office. Aussi, paradoxalement, bien qu’il s’appuie sur les précédents films pour étayer la dimension dramatique du récit, « Days of Future Past » souffre de la comparaison et du caractère itératif de la narration. Une formule à succès mais sans risque et, donc, sans originalité.

X-Men: Days of Future Past
De Bryan Singer
Avec Hugh Jackman, James McAvoy…
20th Century Fox

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