« Mine » n’est pas le film marquant pour 2017, mais il a son caractère et mérite d’être regardé, car l’histoire masque bien plus de faits qu’il n’y paraît. (titre selon moi)
Loin du film de Kathryn Bigelow sur le déminage, « Mine » traite de manière différente ce qui semble un lieu piégé avec des mines. Un voyage dans le présent et le passé d’un soldat planté en plein désert. Mais comment s’est-il retrouvé dans cette situation ? (Et le chapeau)

Au casting principal de « Mine », le spectateur découvre Armie Hammer. Peu connu du grand public européen, le comédien est pourtant un boulimique du travail puisqu’il enchaîne les projets en tournant 2 à 3 films par année. Chapeau bas, car a à peine 30 ans, son acharnement se perçoit toujours plus. On a notamment pu le voir dans « The Lone Ranger » en 2013 « Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E » en 2015. Il faut croire que l’acteur aime les pays, car entre les long-métrages précités et celui où il campe le soldat dans le désert, le climat se rapproche fortement.

A la base, tout commence normalement pour ce tireur d’élite en mission dans une zone aride quelque part dans le monde. Accompagné de son collègue Tommy Madison (interprété par Tom Cullen et vu dans la série « Downtown Abbey »), il s’avère toutefois que l’objectif premier est trop éloigné pour être achevé. Malheureusement en arrivant à cette conclusion, ils se font repérer par un des hommes armés du groupe que les deux marines surveillent activement. Devant fuir pour éviter de se faire tuer par ce clan bien équipé niveau armement, les deux militaires peinent à être rapidement rapatriés à leur base américaine à cause entre autres, d’une tempête de sable. Durant leur marche au point de ralliement, Mike (Armie Hammer) remarque un panneau indiquant que le secteur peut être miné. Malgré ses conseils de prudence, son ami militaire en fait fi jusqu’à ce que l’intuition du sniper se confirme. Tommy est en effet brutalement soulevé par une explosion et il n’en ressortira pas indemne… Voulant sauver son camarade, Mike fait un pas de plus et c’est là qu’un bruit alarmant l’arrête : il a lui aussi poser son pied sur une mine. De ce fait, son instinct lui dicte de ne surtout pas bouger. C’est ainsi que ses heures de calvaires se feront notamment avec son pied droit qui ne devra jamais se déplacer d’un centimètre.

A priori, « Mine » semble être un énième film de guerre avec un objet explosif au centre du récit. Il fera sans nul doute penser au film « Démineurs » sorti en 2008 et qui avait été réalisé par la cinéaste citée en titre. Mais cette vérité est partielle car peu de temps après la mise en danger du protagoniste principal, donc bloqué sur l’engin mortel, son passé et son présent dans ce désert se mélangeront sans cesse. A tel point qu’on pourrait croire que certaines de ses apparitions sont vraies. Ou que d’autres paraissent trop irréelles quant à leur existence. Malheureusement ces amalgames perdront le public. Certains pans de vie du jeune sniper lutant pour sa conservation seront si confus que même à la fin de l’histoire il peut être difficile de comprendre les dénouements. Mais ce problème scénaristique n’est malencontreusement pas le seul. Car les quelques effets spéciaux implantés dans « Mine » ne sont pas au sommet de leur réussite. En songeant par exemple à la tempête de sable qui aurait dû être mieux achevée. Une partie des séquences de nuit donnent trop l’impression d’avoir été tournées en studio également. Le dernier élément négatif à noter est que ce long-métrage est excessivement américanisé. Certes, les soldats font partis intégrants du corps des États-Unis, mais le patriotisme se ressent trop y compris dans le souvenir du Marines. L’attachement qu’il éprouve pour sa patrie est logique, mais quelque peu surexploitée. Et bien qu’il s’agisse certainement d’un choix du scénariste, ce dernier est discutable car il aurait été plus intéressant de plonger davantage dans le passé mouvementé de cet homme au prime abord très taciturne.

Malgré tout, ce long-métrage est original et créatif. De nombreux décors naturels sont somptueux et les angles des caméras très souvent bien réfléchis et sélectionnés. Par rapport à la technique justement, la caméra réellement posée sur la tête d’Armie Hammer permet un effet plus accentué. Non seulement celle-ci donne le bon sentiment que « Mine » se rapproche furieusement et avec justesse d’un jeu vidéo, mais en plus une telle vision donne la sensation de vivre presque comme le personnage principal. Les hallucinations qu’il ressent durant ses heures de solitudes manquent certes de fluidité, mais les passages entre chacune d’elle et le lien qui le maintiens à son présent (donc à son pied posé sur la mine) sont très intenses.

L’ingéniosité de « Mine » se fonde également sur une idée rare, plausible et dangereuse : peut-on vivre plus de 24 heures dans le désert avec très peu de ressources naturelles ? Si le film donne l’impression de répondre à cette question, ou pas selon les connaissances de survie de l’individu perdu, il aide fortement à comprendre comment résister aux forces du désert. Les quelques conseils tournés et expliqués au travers de l’histoire de « Mine » rendent cette situation délicate encore plus constructive. L’homme est poussé à bout, mais son instinct de survie est toujours présent pour l’aider à tout moment. Ainsi, ses visions ou hallucinations selon le choix, lui permettent de décider comment réagir par radio ou comment tenter de faire connaître sa position à l’éventuelle équipe de secours qui tarde tant à venir…

Quant au tournage, Armie Hammer l’avoue lui-même. Il le pensait aisé, bouclé rapidement et sans aucune blessure. Pourtant, ployer son genou autant de fois s’est avéré être beaucoup plus gênant que prévu. S’il reconnaît avoir refusé les genouillères les premiers temps, le sable a finalement eu raison de sa bonne volonté et il céda pour prendre sa protection contre l’élément naturel. A juste titre certainement, car il était préférable pour la production et les assurances que l’acteur principal ne se blesse pas. Si de ce côté-là tout s’est bien passé, l’équipe technique a aussi eu la chance d’effectuer le tournage dans de bonnes conditions. Tout simplement parce qu’ils se sont bien préparés à l’avance. Le staff était réduit, si bien que la polyvalence prônait pour tout le monde, célébrités comprises. Et de ce fait, les coûts, le matériel amené et la logistique en principe prévue, ont été fortement diminués.

Les quelques éléments susmentionnés au paragraphe précédent confirment que les bonus du Blu-Ray sont intéressants mais très faibles. Les curieux auront de la peine à s’en contenter. Mais le plus surprenant reste la version DVD, souvent différente des Blu-Ray. Cette fois-ci, et fait rare, elle est identique aux bonus de ce dernier. C’est toutefois regrettable, car il aurait été agréable de savoir pourquoi l’équipe a décidé de tourner au Maroc ou comment l’acteur principal a été choisi. Même si « Mine » ne semble pas être tiré d’un fait réel, connaître l’idée inspirante des réalisateurs aurait été judicieux. Dommage aussi car trop souvent le public associe la pauvreté des bonus aux ratés de l’histoire et du film. Il est à croire que le studio de distribution n’a pas voulu trop investir pour mieux renseigner les amateurs et cinéphiles.

Finalement, il est rare de voir une œuvre cinématographique filmée de cette manière. Pour cette raison, parce qu’Armie Hammer s’est beaucoup investi dans son rôle et que « Mine » n’est pas sorti dans nos salles, il est d’autant plus conseiller de l’acquérir. Et mine de rien, navré je n’ai pu m’empêcher de faire ce jeu de mots, les spectateurs passeront un bon moment, sans ennui et sans aucune réflexion intellectuelle approfondie. « Mine » est tout à fait le genre d’histoire où le désert parait être un ennemi redoutable, mais tout dépend pour qui.

  • Mine
  • réalisateurs : Fabio Guaglione, Fabio Resinaro
Mine : un voyage dans le présent et le passé d’un soldat planté en plein désert
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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