Voilà un thriller horrifique ambivalent : risible au premier degré, mais meilleur qu’il n’y paraît si on prend du recul.


Lockhart, un jeune cadre ambitieux manipulé par ses employeurs, est forcé d’aller retrouver son PDG qui a disparu dans un centre de bien-être au fin fond des Alpes suisses. Arrivé sur place, il va bientôt découvrir que cet endroit n’est pas ce qu’il paraît être et recèle d’une vérité noire et macabre.

14 ans après son remake de « The Ring », Gore Verbinski semble renouer avec le genre du thriller horrifique, en apparence du moins. Car, soit le nouveau film du réalisateur hollywoodien ne tient pas ses promesses et s’approche du navet, soit il ne se prend pas au sérieux et frôle le chef-d’œuvre. Verbinski n’en serait pas à son premier coup d’essai. En effet, il avait déjà pris plaisir à dynamiter les genres de la comédie dramatique et du western avec « The Weather Man » et « Rango ». Aurait-il remis ça sur le tapis avec « A Cure for Life » ?

Le film commence en empruntant la voie du thriller psychologique : disparition, enquête d’un héros – sosie de Leonardo Di Caprio – qui se retrouve coincé dans un Spa aux allures d’asile psychiatrique. On croirait presque regarder un remake de « Shutter Island » de Martin Scorsese. Et s’il s’agissait plutôt d’une parodie ? En effet, si d’une part les codes du thriller psychologique sont repris, ils en sont pour le moins déformés : un héros qui n’inspire aucune sympathie, une illusion d’un centre de bien-être paradisiaque trop appuyée pour être crédible, une tension dépréciée par un crescendo sonore abusif, un suspense mis à plat par un film qui tire en longueur – 146 min – et un twist final qui ne surprend pas. D’autre part, tout au long du film, des indices disséminés dans la narration et des plans qui recourent aux trompe l’œil mettent le spectateur sur une autre piste : le film et son récit ne sont pas ce qu’ils semblent être. Un château sur une colline, une histoire d’époque victorienne, un baron fou, des expériences frankensteiniennes, une obsession du sang pur et une relation incestueuse avec une jeune vierge innocente, « A Cure for Life » glisse dans la catégorie du genre épouvante gothique, empruntant le ton à « Crimson Peak » de Guillermo del Toro.

En fin de compte, si en allant voir le dernier Verbinski, on s’attend à frissonner et être ébranlé devant un énième représentant classique du genre thriller horrifique, la déception sera sans aucun doute au rendez-vous. Mais si on envisage être les spectateurs d’un film qui se veut retourner la veste du thriller psychologique en l’habillant des codes de l’épouvante gothique, lui faisant perdre son sérieux par son extravagance et lui donnant un ton final presque comique, on fait alors l’expérience d’un film inclassable – un OFNI – qui laisse libre cours à l’imagination de son réalisateur et qui pourrait nous surprendre à l’apprécier.

A Cure for Life
De Gore Verbinski
Avec Dane DeHaan, Jason Isaacs, Celia Imrie, Susanne Wuest, Carl Lumbly, Mia Goth, Lisa Banes
20th Century Fox
Sortie le 15/02