« A Good Wife » : Une rébellion difficile

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Un film important pour la carrière de Mirjana Karanović, qui rapproche le spectateur à des tensions sociales de genre avec subtilité, mais pas seulement.


« A Good Wife » est le premier film réalisé par Mirjana Karanović, actrice serbe connue au niveau international pour avoir travaillé avec, parmi tant d’autres, Emir Kusturica dans beaucoup de projets Papa est en voyage d’affaires », « Underground »). L’histoire du film raconte la vie d’une femme d’âge mûr, Milena, mère de deux filles, qui découvre dans un bref arc de temps soit les crimes de guerre commis par son mari pendant la guerre, soit une tumeur au sein au stade avancé. Le film montre les conséquences de ces deux découvertes et la façon dont elle va les affronter, mais en plus, il nous donne une vision, en focalisation interne, de la société suburbaine serbe, dont le patriarcat est radicalisé culturellement et détermine souvent les vies des jeunes et des adultes. La problématique des crimes de guerre et la maladie sont, en fait, peu approfondies et sont présents juste pour le récit en tant que tel, en effet, ils aident le protagoniste, mais ils sont superficiels à la cause. Même en étant moins explicites, les rapports de genre à l’intérieur de cette société et les relations entre les conjoints (l’amour et la haine, l’affect et la rébellion) sont le focus central de l’histoire, une constante qui permet le développement du récit.

Au début du film, la protagoniste, Milena, ne se rend pas tout à fait compte de sa situation/position au sein de la société et de la manière dont la division de genre se reproduit autour d’elle. Sa compréhension est graduelle et aidée par l’observation des relations catastrophiques de ses amies avec les respectifs maris. Les femmes du film sont des personnages tristes, mais il y en a aussi de “positives”, qui cherchent à se libérer des structures hiérarchiques.

Parmi les exemples, est significatif de citer le cas de Natasha, la fille plus grande de Milena, qui à travers sa détermination (et à sa relation amoureuse avec un parisien), réussie à s’émanciper et à se réaliser. Au contraire Milena ne peut pas, ou mieux, elle ne se rend pas compte qu’elle pourrait, elle se sent trop vieille et elle a construit une famille autour de ce rapport de genre inégal. En effet, son mari, son “superhéros”, qui l’a sauvée lors d’une agression quand elle était jeune, reste une des seules certitudes qu’elle a.

Une séquence remarquable qui exprime au mieux la situation de Milena, on peut la trouver lors du nettoyage de la maison par la protagoniste ; elle nettoie avec fougue, obsession, mais aussi fatigue et amertume, avec un montage qui relie toutes ces émotions en créant un rythme qui frappe le spectateur par sa cruauté.

« A Good Wife » est enfin un effort important pour Mirjana Karanović, qui s’est approchée à des thématiques sociales très actuelles encore aujourd’hui en Serbie, et qui a su les exprimer avec subtilité et équilibre, sans oublier (comme parfois arrive) le côté émotionnel et les affections qui lient les deux conjoints.

A Good Wife (Dobra žena)
RS   –   2016   –   94 Min.   –   Drama
Réalisateur: Mirjana Karanovic
Acteur: Mirjana Karanovic, Boris Isakovic, Jasna Duricic, Bojan Navojec
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12.04.2017 au cinéma

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