20 ans après « Le Couperet » de Costa-Gravas, qui reste toujours un chef d’œuvre majeur de sa part, Park Chan-Wook adapte sa version. Cette comédie dramatique revisitée, bien qu’un peu longue, se dote de toute la noirceur nécessaire.

You Man-su semble être l’homme le plus heureux sur terre. Il s’est construit une belle vie et continue sur sa lancée. Il se sent éperdument amoureux de sa femme, dorlote ses enfants, cajolent ses chiens et prend soin de leur maison dès qu’il le peut. Mais cette année, sa vie va basculer car il n’a pas reçu le beau cadeau habituel de son employeur, une papeterie renommée sud-coréenne. Son statut dans la hiérarchie va donc effectivement changer à jamais. Et il n’aura d’autres choix que de trouver un nouveau travail ailleurs. Sauf… S’il tue ses concurrents ?
Presque 30 ans après la sortie du roman de l’Américain Donald E. Westlake, « The Ax » donc « Le Couperet » en français, sa nouvelle transposition du Sud-Coréen Park Chan-wook devrait plaire au public friand de ce genre de fiction.
Car cette comédie noire jubilatoire, mêle habilement certains paradoxes sociaux, à de l’émotionnel intense et à de l’absurdité tragique. L’exagération des décisions prises et actes commis, choisis consciencieusement par l’équipe scénaristique dont Park Chan-wook, valorisent grandement l’horrible vécu de « You Man-su » et de sa famille.
Ce dernier est superbement incarné par le comédien Lee Byung-hun (« Les 7 Mercenaires ») qui s’avère têtu et implacable au travers de son personnage. A ses côtés, Son Ye-jin (« The Pirate »), soit son épouse « Lee Mi-ri ». Elle interprète la femme sensible et inquiète face aux changements d’humeurs de son mari.

Sa dévotion envers lui s’avère complète, mais ses craintes et recherches mènent les spectateurs-trices à une compréhension différente quant à l’intrique d’« Aucun autre choix ». Et ces aspects bien développés, amènent très rapidement un cynisme parfait et un côté formidablement lugubre.
Filmé uniquement en Corée du Sud, même si la maison donne davantage l’impression d’avoir été construite en Occident, le tournage d’« Aucun autre choix » dura environ 5 mois. Dès sa diffusion au sein de différents festivals de films, la fiction obtint un fort engouement de la part des critiques spécialisées dans le 7e Art.
Des avis et impressions souvent partagées par les spectateurs-trices et festivaliers-ières. Malgré la longueur du long-métrage, 2h20 minutes, et certaines scènes un peu redondantes, « Aucun autre choix » reste à la fois subtile et brutal, interpellant et efficace en tout point.

Comme chacune des réalisations et productions du polyvalent Park Chan-wook, ses fictions (et très souvent chefs-d’œuvre) s’adressent davantage à un public cible. Qui avant tout, comprend ses subtilités et ses immersions à la fois particulières, mais majoritairement réussies.
Un récit donc soigné et laissant à penser qu’en vieillissant, tout ne devient pas si rose…









Aucun autre choix
COS – 2025
Durée: 2h19 min
Coméde, Drame, Suspense
Réalisateur: Park Chan-wook
Avec: Lee Byung-huun, Son Ye-jin, Park Hee-soon, Lee Sung-min, Cha Seung-wom, Oh Dal-su, Yoo Yeon-seok
Elite Film
11.02.2026 au cinéma


