Escape Plan

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Pour la première fois à l’écran : Stallone et Schwarzenegger face à face dans les rôles titres d’un seul et même film. Cette rencontre au sommet avait de quoi nourrir les fantasmes les plus fous des spectateurs biberonnés à la sainte testostérone des années 80. Parce que bon, aussi jouissives soient-elles, les apparitions du chêne autrichien dans la franchise « Expendables » faisaient essentiellement figure de caméo. On l’attendait donc avec impatience, cette fameuse rencontre entre les deux colosses du cinéma d’action ricain, d’autant plus que l’idée d’un film les réunissant était dans l’air depuis le début des années 2000. Alors, le résultat final est-il à la hauteur de nos attentes ?

Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : la taille de notre déception à la sortie de la projection d’« Escape Plan » (« Évasion » en français) était proportionnelle aux tours de bras des deux acteurs, c’est-à-dire immense. Tout droit dérivé de « Prison Break », le scénario minimaliste ressemblait pourtant au prétexte parfait pour accoucher d’un actioner bourrin et nostalgique. Imaginez-vous : les deux stars les plus imposantes de l’histoire du cinéma d’action enfermées dans la même prison se voient forcées de coopérer pour s’évader. Si un John McTiernan ou un Stuart Gordon avait eu l’occasion de réaliser un tel film dans les années 80, il ne fait aucun doute que le DVD trônerait encore sur nos étagères à l’heure actuelle. Malheureusement pour nous, le projet est tombé dans les mains de Mikael Håfström, réalisateur des peu réjouissants « 1408 » et « The Rite ».

Si nous avons évoqué « Prison Break » plus haut, cela n’était pas innocent. En effet, « Escape Plan » s’apparente à un piètre épisode d’une série de seconde zone. Le problème du film repose dans son manque flagrant de générosité. Vous attendiez des punchlines d’anthologie à la chaîne ? Elles se comptent sur les doigts d’une demi-main (et figuraient déjà dans les bandes-annonces). Vous vous réjouissiez de l’affrontement entre les deux légendes ? Il est avorté. Pas pénible, vous espériez au moins que le film vous serve son lot d’action décérébrée et qu’il ne vous ennuie pas ? Le rythme est soporifique et les scènes musclées (aussi nombreuses que les punchlines) souffrent toutes d’un montage syncopé, seul moyen de masquer les nombreuses doublures. À cette liste de défauts déjà accablants s’ajoutent encore des effets spéciaux particulièrement laids (on pense notamment à un travelling aérien qui dévoile l’immensité – numérique – de la prison), un Jim Caviezel qui fait véritablement peine à voir tant il cabotine et un 50 Cent toujours aussi mauvais acteur…

Dans cet océan de déceptions, rares sont les îlots auxquels nous pouvons nous raccrocher. On retiendra néanmoins un Arnold Schwarzenegger qui semble avoir retrouvé son jeu d’acteur (« The Last Stand » n’ayant pas suffi à nous rassurer après sa piètre performance dans « Expendables II »), un plan au ralenti relativement jouissif (le seul du film) sur son regard, un monologue en allemand délirant à la fin duquel l’acteur autrichien récite les premières lignes d’« Ainsi parlait Zarathoustra » et puis… Et puis c’est tout.

Soyons honnête, nous ne nous attendions pas à un chef-d’œuvre, mais nous étions tout de même en droit d’espérer que le film de Mikael Håfström présente une bonne dose de fan service et remplisse son rôle de pur divertissement régressif. Au vu de ce qui précède, vous aurez compris qu’« Escape Plan » ne remplit même pas ce contrat. C’est donc avec la désagréable impression d’avoir perdu son temps qu’on sort de la salle. Réunir Stallone et Schwarzenegger c’est bien, mais encore faut-il prévoir ce qui va autour, à savoir un film qui présente une carrure à la hauteur de son casting. Car en l’état, on a plutôt l’impression d’être face à un produit prévu pour la rencontre entre Dolph Lundgren et Steven Seagal. Le public ne semble d’ailleurs pas s’être laissé avoir : après trois semaines d’exploitation, le film n’a rapporté que 22 millions de dollars sur le territoire américain, pour un budget estimé à 50 millions. En espérant que cette expérience n’ait pas découragé les deux acteurs de se partager une affiche et que la prochaine fois, si prochaine fois il y a, un véritable metteur en scène et un scénariste digne de ce nom soient en charge du projet.

Escape Plan
De Mikael Håfström
Avec Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Jim Caviezel…
Elite Film

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ARDENTE·X·S

Novembre

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