La tristesse en fin de n’importe quel festival se perçoit toujours plus les dernières heures. J’ai tout de même eu le grand plaisir de découvrir « La Confession » et « Le Petit Spirou » en salles avant la clôture définitive.


Que ce soit le public, le staff ou le comité de direction, un sentiment général supplémentaire est toujours perceptible lorsqu’une manifestation se termine gentiment : celui de la nostalgie. Malgré tout, il est possible de se réjouir des découvertes faites à Bienne ou ailleurs pour d’autres festivals. Concernant les séances du jour, « La Confession » et « Le Petit Spirou » restent divertissants, intéressants et respectueux.

« La Confession » : Nicolas Bourkhrief
L’histoire se déroule durant les années 40 où l’Occupation allemande est omniprésente et oppressante dans une petite ville française. Celle-ci subit un changement qui affole quelque peu les habitant-e-s. Un jeune et nouveau prêtre arrive dans la cité et suscite rapidement beaucoup d’intérêt… Il en va de même pour Barny, une jeune femme communiste et athée. Ignorant d’abord cet homme, comme son prédécesseur, elle décidera finalement souvent le provoquer et défier. Au fur et à mesure, elle se prend à son jeu, se sentira toujours plus intriguée et elle remettra même en cause ses croyances les plus personnelles à cause, ou grâce, à cet homme.

La Confession : Nicolas Bourkhrief

« La Confession » n’est de loin pas la toute première adaptation littéraire basée sur le roman « Léon Morin, Prêtre » de Béatrice Beck. C’est en 1961 que la première transposition se fait par l’initiative de Jean-Pierre Melville (« Le Cercle Rouge »). À l’époque, c’est Jean-Pierre Belmondo qui jouait le rôle de l’homme d’église. Et en 1991, un nouvel arrangement cinématographique se fait avec entre autres Nicole Garcia (« Mal de pierres »). Quant à la version de 2017, c’est Romain Duris (« Casse-tête chinois ») qui reprend le rôle du prêtre et Marine Vacth (« Jeune & Jolie ») est Barny.

Impossible pour moi de comparaître avec les précédentes versions à ce jour comme je ne les ai pas vues. Mais celle de 2017 ne manquera pas de marquer les esprits au travers des différentes piques envoyées entre les deux personnages principaux. Car même si Barny commençait souvent à le titiller en premier, le Père Morin n’avait pas non plus sa langue dans sa poche. Il faut dire que les spectateurs ressentiront clairement l’amusement et le plaisir de ces échanges entre les comédiens.

Dès les premiers instants entre les deux protagonistes, la bonne alchimie et le choix judicieux du casting se ressentent. Romain Duris arrive parfaitement à intensifier le caractère du Père avec sa prestance et son charme. Et Marine Vacth incarne très bien l’héroïne s’inquiétant vite et étant très rebelle. Une seule petite imperfection est constatée. Mais elle est logique, car l’actrice débute depuis quelques années sa carrière. Toutefois, il est très rare et vite oublié. Il s’agit donc de rares séquences où cette dernière manque d’aisance et de fluidité. Quant à l’autre petit souci, il est propre au fait qu’il aurait été plus intéressant de suivre activement la vie du prêtre. Ceci afin d’avoir une opinion encore plus proche vis-à-vis de ses croyances et possibles doutes. Toutefois, cette approche résulte certainement d’un choix scénaristique ou alors d’informations historiques n’ayant jamais été relayées. Car et de manière générale, la fiction dépasse souvent la réalité.

La Confession : Nicolas Bourkhrief

Toujours est-il que l’homme d’église, et donc Romain Duris, est sans nul doute le pilier de « La Confession ». Il est mystérieux, bienveillant mais légèrement arrogant et arrive à séduire directement ou indirectement presque l’entier de la ville. C’est un homme ouvert à la discussion, mais qui n’hésite pas à aider son prochain. Peut-être que la jeune femme avait senti toutes les qualités du Père Morin et c’est cela l’avait réellement poussé à se rapprocher de lui.

Ce long-métrage ne cherche pas à convertir les athéistes, à prêcher une bonne parole ou à défendre les actes des nazis. Présents en second plan du scénario, ceux-ci ont malgré tout une importance capitale pour la vie des habitant-e-s. « La Confession » est un film historique et respectant une œuvre littéraire écrite par la personne qui a réellement vécu un lien avec le Père. Certes, des libertés assumées ont été prises, comme des différences de laps de temps. Malgré tout, cette réalisation n’est pas choquante et il est probable que le public en rira au moins 2 ou 3 fois au travers des piques lancées fréquemment.

Et justement, les personnes qui se donneront la peine d’aller découvrir « La Confession » apprécieront grandement l’histoire. Elle n’est certes pas ciblée pour les enfants, mais ceux qui ont pu voir les précédentes versions (ou celle des années 90 tout du moins) pourront certainement faire une comparaison et apprécier les différences à leur juste valeur. Toujours est-il qu’il émouvra plus d’un spectateur et que les confessions émises sont, une soixantaine d’années plus tard, encore très humaines et réalistes.

Le Petit Spirou de Nicolas Bary

Pour terminer mes pérégrinations cinématographiques au sein du FFFH, voici mon avis quant au divertissant:  « Petit Spirou » de Nicolas Bary
Comme tous les autres membres de sa famille avant lui, « Petit Spirou » a un métier tout tracé devant lui dès sa prochaine rentrée. Il intégrera l’école des grooms. Ainsi, et avec l’aide de ses copains, il décide de vivre peut-être sa première et dernière grande aventure. Mais aussi de déclarer ses sentiments à Suzette et de trouver les mots pour dire à ses parents qu’il ne souhaite pas forcément faire la même formation.

Nicolas Bary a beau avoir une trentaine d’années, il avoue volontiers que sur ces 5 réalisations, 3 s’adressent avant tout aux enfants. Bercé par les plus grands cinéastes américains comme Steven Spielberg (« Le BBG – Le Bon Gros Géant ») ou Tim Burton (« Miss Peregrine et les enfants particuliers »), il a donc depuis longtemps eu envie de réaliser des long-métrages avec et pour les jeunes générations. Et ces précédentes implications le prouvent notamment avec les « Enfants de Timpelbach » qui avait eu son petit succès en 2008-2009.

Au niveau du casting, le public retrouve des valeurs sûres comme François Damiens (« Ôtez-moi D’un Doute ») et Pierre Richard (« Un Profil Pour Deux »). Si le premier respecte en tout simplicité le personnage qu’est « Monsieur Mégot », le second offre une performance plus sympathique et ajoute une touche indéniable quant à l’attrait qu’il éprouve envers les femmes. Dans les bandes-dessinées du « Petit Spirou », « Grand-Papy » n’est pas le pervers par excellence, il l’est toutefois assez pour ne pas cacher ses côtés coquins. Pierre Richard, l’est tout autant et grâce, certainement, à ses années de carrière, il prouve aussi qu’il peut être très complice à l’écran avec les enfants. Ce qui se ressent moins, même si son rôle de professeur va dans ce sens, avec François Damiens.

Le Petit Spirou de Nicolas Bary

Comme l’autre critique à lire sur notre site Internet le mentionne, elle n’est pas la première adaptation à être faite. Toutefois, et Nicolas Bary le précise aussi, il a tellement peiné à trouver l’acteur en herbe qu’il s’est fortement inquiété de pouvoir continuer le projet. Fort heureusement, il résolut finalement le problème, avec Sacha Pinault qui se présenta dans les derniers castings. Qui plus est, le jeune homme correspondit bien au personnage du « Petit Spirou ». Il en fut de même, mais avant lui, pour ses camarades et sa famille.

Beaucoup d’autres faits et anecdotes peuvent être relatés au niveau de ce long-métrage, mais il est surtout mieux de savoir que si cette réalisation n’est pas la meilleure des adaptations françaises, elle est plus soignée que « L’Élève Ducobo » sorti en 2010. Parce que « Le Petit Spirou » mélange bien la légère touche de modernité avec le respect des bandes-dessinées. Mais aussi, car l’entente entre le grand-papa et son petit-fils se ressent vraiment. Ou encore au niveau de l’inventivité et l’originalité du « Petit Spirou » qui sont bien filmées et montrées durant presque l’entier du film.

Par contre, et comme certainement beaucoup d’adultes et parents le penseront, « Le Petit Spirou » est avant tout une aventure pour les enfants. Les plus grands riront parfois des bêtises faites par les jeunes comédiens dans l’histoire, mais ils apprécieront aussi une valeur morale importante au sein du « Petit Spirou ». Celle-ci explique qu’il est important d’exprimer à ses enfants leur libre choix pour leur futur métier. Quant aux chérubins, même, pouvant parfois être vraiment chenapans, et qui regarderont le long-métrage, ils s’amuseront et rigoleront beaucoup plus souvent que les grandes personnes. Il est possible que beaucoup de benjamins s’inspirent de l’histoire pour faire leur propre sottise. Car même si ce n’est pas le but du « Petit Spirou », il est facile de deviner cette probabilité.

Dans tous les cas, cette œuvre cinématographique est parfaite pour passer un moment de détente et d’amusements en famille. À supposer que le succès soit au rendez-vous avec son public, il serait fort sympathique de voir une suite. Toujours est-il que pour début 2018, une autre première adaptation en prises de vues réelles sera distribuée dans les salles obscures. Il s’agira des « Aventures de Spirou et Fantasio » d’Alexandre Coffre. Peut-être qu’une référence reliera les deux réalisations. En tout cas, le long-métrage de 2017 mérite d’être vu en famille.

FFFH 2017 : le Palmarès
Évidemment après 5 jours de festivals, le Jury s’est décidé à délibérer et à remettre les deux prix biennois. A savoir :

Le Prix découverte Bonhôte (CHF 3’000.00)
Récompense un court-métrage présenté lors de la projection des Courts du FFFH. Films francophones uniquement. Le Jury a remis le Prix découverte Bonhôte à Jessica Palud, réalisatrice de Marlon, le samedi 16 septembre 2017 sur la scène du REX 1.

Le Prix Forum du bilinguisme (CHF 2’000.00)
Récompense un court-métrage traitant spécifiquement de la thématique des langues. Désigné en amont par un jury, le film lauréat reçoit le Prix durant le Festival. Le Prix du Forum du bilinguisme 2017 est décerné au court-métrage Soury de Christophe Switzer, lauréat du concours « Lorsque les langues se rencontrent ».

FFFH 2017 : le dernier jour du festival
La Confession
Le Petit Spirou
4.0Note Finale

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