Derry 1988, une bande de gamins va faire face à d’étranges disparitions et va être témoin d’évènements traumatiques dans la plus grande ignorance de sa population adulte. Afin de stopper ce carnage qui sévit cette petite ville paumée du Maine, le club des 7 losers décide de partir en chasse contre « ça » une entité machiavélique prenant l’apparence d’un clown de cirque…


« Il » est revenu…
27 ans après le cultissime téléfilm réalisé par Tommy Lee Wallace « ça, il est revenu » qui non seulement perturba un nombre phénoménal d’enfants et d’adultes, mais engendra aussi cette peur maladive des clowns nommée « coulrophobie ». Et surfant sur la vague nostalgique des années 80-90 et de la culture pop, l’industrie cinématographique sentait qu’il était temps de ressortir le costume et le beau nez rouge de Grippe-sou le clown du bon vieux placard et de l’adapter sur grand écran afin de se faire encore quelques dollars.

We Love Derry
Exit 1957, on est désormais en 1988, le mulet sévit, le hard rock est omniprésent, « Les Gremlins », « Beetlejuice » et Freddy Krueger monopolisent les salles obscures ainsi que les murs de la chambre de Bill Denbrough (Jaeden Lieberher). Voici la période choisie par le réalisateur de « Mama » Andrés Muschietti pour raconter ce premier opus cinématographique tiré du célèbre roman d’horreur écrit en 1985 par le maître Stephen King « ça ».

Time to float
Dans cette adaptation très lointaine visuellement de celle de Wallace, l’univers est glauque et l’atmosphère pesante et malsaine. Fini la place à l’imagination, ici Muschietti montre tout et sans retenue afin de coller le plus possible à l’ambiance du livre de King et de rassasier un public à la fois friand d’horreur et en attente de jump scares.

Je suis Pennywise et moi aussi !
Tim Curry (« Rocky Horror Picture Show », « Maman j’ai raté l’avion 2 » « Legend ») cet acteur Anglais de génie au faciès unique et si expressif a traumatisé et marqué toute une génération avec son Grippe-sou le clown cabriolant des années 90 et il en terrorise toujours de mémoire d’ailleurs ! Part son interprétation si troublante et flippante, il à laissé une très lourde et difficile tache à son successeur et faire mieux aurait été difficile pour Bill Skarsgård jeune comédien Suédois vu dans (« Atomic Blonde », « Divergente 3 », « Anna Karenine ») (pour la petite note, l’acteur est né l’année de la sortie du téléfilm « ça ») c’est pour cela que ce dernier au lieu de plagier son prédécesseur, il a adapté le personnage de Pennywise à son propre jeu et a misé sur la folie et l’on peut dire que le résultat est angoissant, nerveux et très réussi. À noter pour les fans des clins d’œil, un hommage au Pennywise de Tim Curry se cache dans une scène qui se déroule de la maison de Neibolt. Gardez vos yeux bien ouverts si vous le pouvez !

On flotte tous en bas
On pourrait s’amuser à confronter le long-métrage de Muschietti avec le téléfilm culte des 90’s d’un point de vue technique et visuel mais cela serait tout simplement comparer l’incomparable. On joue sur des terrains bien différents, le film de Wallace était destiné au petit écran, l’audience et les moyens n’étaient pas du tout les mêmes, ce qui a d’ailleurs nuit à cette version surtout dans son deuxième volet, tandis qu’avec cette nouvelle adaptation très graphique, la production a mis le paquet. Ça ne fait pas tout d’ailleurs, car malgré un budget bien supérieur au téléfilm, un esthétisme soigné et une liberté gore que la version pour la télévision n’avait pas, cette adaptation cinématographique à loupé le coche au niveau du récit ainsi que du montage final et démontre une nouvelle fois, que les effets spéciaux et les scènes trash ne font pas tout et ne peuvent encore moins masquer les lacunes du scénario qui sont ici très évidentes.

On regrette « ça »…
Tout est tellement centré sur le visuel et les scènes d’attente de jump scares qu’au final la principale force du livre qui tournait autour de la forte amitié du groupe des 7 amis a été ici oubliée et ceci au détriment d’un casting de jeunes comédiens de talents : Jaeden Lieberher (« The Book Of Henry »), Finn Wolfhard (« Stranger Things »), Jack Dylan Grazer, Jeremy Ray Taylor, Wyatt Oleff (« Les Gardiens De La Galaxie »), Chosen Jacobs, Sophia Lillis, l’alchimie entre eux est malheureusement très pauvre voir inexistante dans cette nouvelle adaptation car non seulement on apprend pas a connaître ceux-ci de manière plus approfondie et de plus, des scènes importantes à la construction de ces personnages ainsi qu’à leur avenir ont tout simplement été radiées de ce long métrage, comme la scène du barrage par exemple, ce lien d’amitié fort avait été mis en lumière dans le téléfilm des 90’s, on se souvient du regretté Jonathan Brandis (« L’histoire Sans Fin 2 »), qui jouait un Bill profondément atteint par la perte de son frère mais déterminé, cet acteur qu’on voyait partout à cette époque dont son rôle portait un attachement très fort à toute la bande des 7 veinards ainsi que Seth Green (« Braquage à L’italienne »), qui interprétait un Richie à la fois comique et fébrile sans parler du personnage de Mike joué par Marlon Taylor, celui-ci était passionné et intéressant, ou encore Emily Perkins (« The X-Files ») en Beverly téméraire, bref, les acteurs de cette version pour la TV avaient su apporter un réel attachement et une richesse aux personnages du livre de King contrairement à ce nouveau « ça », ou tout cela manque cruellement et par conséquent on accroche pas émotionnellement.

« Il » va revenir…
Mais ne nous décourageons pas, la suite des aventures du club des losers étant prévue pour 2019, on devrait retrouver à la fois la même, l’équipe de jeunes talents sous forme de flash-back ainsi que de leurs nouvelles têtes 30 ans après. Espérons que ce sera l’occasion d’apporter un contenu à ces ellipses dans ce deuxième volet. De plus, le long-métrage cartonnant actuellement au box-office (meilleur démarrage record de film d’horreur) en récoltant pas moins de 117 millions de dollars, du coup des acteurs connus devraient se bousculer au portillon pour y figurer en tête d’affiche et oui les dollars flottent aussi en bas.

Tout ça pour « ça »…
« Ça » a marqué au fer rouge des générations, qui aujourd’hui en ont encore peur. Ce roman est abrupt, sinistre et puissant qui ne peut laisser personne indifférent. Ce Pennywise animé par Tim Curry, a psychologiquement ancré et matérialisé avec brio cette image du clown abominable se nourrissants des peurs infantiles, sortie tout droit de l’imagination du maître de l’horreur Stephen King. Richard Bellis, le compositeur musical du téléfilm a également marqué avec sa B.O. bien flippante et a lancé un véritable défit à son successeur.

En 2h15, le réalisateur retranscrit dans les grandes lignes les écrits de l’auteur. Il livre un long-métrage à la fois brutal, morbide et malsain qui offre quelques belles séquences horrifiques, tourmentées et angoissantes soutenues par la musique de Benjamin Wallfisch (« Annabelle »).

That’s « it » ?
Désormais, une nouvelle génération va connaître à travers ce nouveau film le clown maléfique, interprété par Bill Skarsgård. Avec les moyens actuels, cette nouvelle aventure effrayante aurait pu être un long-métrage fort et efficace ; mais ayant mal su exploiter son personnage principal, par une mise en scène pauvre qui n’a pas réussi à mettre plus en valeur le talent du comédien, par son manque de cohérence scénaristique, de profondeur et de contenu, alors que de ce côté-là il y avait de quoi faire, on sort de la salle obscure déçu de ce nouveau « ça » qui aurait dû se démarquer des autres films du genre, malheureusement, il s’aligne et s’efface au profit d’un long-métrage d’horreur basique et cliché comme tant d’autres.

Cette nouvelle adaptation d’Andrés Muschietti est loin d’être mauvaise, certes, mais ce n’est pas « ça » non plus…

It (ça – Partie 1)
US   –   2017   –   Horror
Réalisateur: Andrés Muschietti
Acteur: Finn Wolfhard, Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Javier Botet, Nicholas Hamilton, Owen Teague, Megan Charpentier
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20.09.2017 au cinéma

loin d’être mauvais, certes, mais ce n’est pas "ça" non plus…
3.0Note Finale