Éclipsée par l’aura de Marilyn Monroe, son aînée de six ans, Jayne Mansfield était un sex-symbol et une actrice blonde qui connut quelques succès à Hollywood à la fin des années 1950. Mansfield 66/67 retrace les dernières années de sa vie, minée par une soif de notoriété maladive et d’étranges rumeurs…


Présenté comme un documentaire « basé sur des rumeurs et des ouï-dire », « Mansfield 66/67″ est projeté au Festival International des Films de Fribourg dans la catégorie « Cinéma de genre », consacrée cette année aux biopics. On sera surpris de voir un documentaire s’y tailler sa place, mais c’est révélateur de l’opinion que s’en sont faite les programmateurs au moment de le sélectionner.

Il s’appuie en effet largement sur des images d’archives et des interviews pour recomposer les dernières années de la vie de Jayne Mansfield, mais ne s’y limite pas : des danseurs étalant des chorégraphies à la Rocky Horror Picture Show et des sosies de Jayne Mansfield et de Anton LaVey apparaissent de temps en temps dans le but d’épargner au film une austérité peu à-propos. Poussifs, artistiquement creux, et frisant l’amateurisme, ses interludes superflus invitent plus volontiers à bailler qu’à esquisser quelques pas de danse. Quant aux interviews, si les « experts », parmi lesquelles figurent une drag queen underground et la popstar androgyne Peter Robinson, sont effectivement hauts-en-couleur, la pertinence du choix de leur tendre le micro laisse parfois à désirer, à l’image de cette spécialiste des droits des animaux qui lâche pendant cinq minutes des banalités d’ordre générale lorsqu’on l’invite à donner son avis sur le lion que possédait Anton LaVey, le fondateur de l’Église de Satan que Jayne Mansfield a rencontré.

Trop souvent hors-sujet, pas assez instructif, « Mansfield 66/67″ ne profite même pas de la liberté accordée par l’étiquette « basée sur des rumeurs et des ouï-dire », et sert au spectateur plus ou moins ce que celui-ci aurait pu lire sur la page Wikipedia anglophone consacrée à l’actrice. On ne s’emmerdera pas nécessairement, grosses poitrines obligent, mais on n’en tirera pas grand-chose.

Mansfield 66/67
États-Unis, Royaume-Uni – 2017 – Documentaire
Réalisateur: P. David Ebersole, Todd Hughes
Acteurs : Kenneth Anger, John Waters, Mamie Van Doren, Tippi Hedren, A.J. Benza
The Ebersole Hughes Company

[FIFF 2018] Mansfield 66/67 : cette Marilyn de seconde zone qui vénérait Satan
2.0Note Finale