Malgré le tournage chaotique du nouveau long-métrage de Guy Ritchie, sa réalisation s’avère toujours autant soignée. Bien qu’un peu trop lente, une fois les décisions prises, l’action et le suspense se mettent en place avec justesse.

Une unité d’élite, composée uniquement de spécialistes en armements, projets tactiques et discrète en tout temps, est engagée pour une mission très particulière. La politique, les négociations monétaires à haut niveau et une exfiltration risquée, en feront notamment partie. Si le repérage sur place se déroule sans travers, les discussions avec le milliardaire et tyran se tendent trop vite. L’engrenage commencera avant même que le mot ne soit prononcé et à partir de ce moment-là, chacune des décisions anticipées ou choisies spontanément, empireront la situation.
Écrit et mis en scène par le polyvalent et boulimique du travail Guy Ritchie, travaillant autant pour le cinéma avec « Opération Fortune : Ruse de guerre » qu’au travers de séries comme « The Gentlemen », sa récente fiction s’avéra malheureusement chaotique depuis la fin du tournage en 2023.
Si celui-ci s’effectua en à peine quelques mois notamment sur les îles Canaries, le studio couvrant la production et la distribution du film, connu plusieurs revers financiers complexes par la suite.
Ainsi et en sus des difficultés liées à la grève des scénaristes, « Lionsgate » finira par abandonner le projet. « Black Bear Pictures » le racheta et il en résulta une sortie internationale mi-mai 2026, au lieu du début d’année 2025.

Néanmoins, tous ces imprévus et turbulences, n’enlèvent en rien l’efficacité de « In the Grey ». Certes, son rythme n’a pas suffisamment de dynamique durant une bonne partie de l’intrigue et le public se prend à espérer un changement soudain plus rapidement.
Mais une fois les positions assurées, implantées et les mystérieuses pièces du puzzle dévoilées, la dynamique prend une forme plus intense et les défauts constatés sont délaissés pour de l’action pure et fort appréciable.
En tête d’affiche de cette « zone grise » à la fois lente et haletante, Henry Cavill (« Argylle »), Eiza González (« Ambulance ») et Jake Gyllenhaal (« The Bride ! »). Un trio organisé, charmant, rusé et doté de compétences distinctes pour chacun-e d’entre eux-elle. Des négociations à la conduite de véhicules, tout est possible et nécessaire…
Si ce tiercé s’avère assez gagnant, manquant toutefois d’une certaine alchimie ou de mordant, le rôle secondaire d’une comédienne reconnue internationalement s’apprécie également.

A savoir Rosamund Pike (« I Care a Lot ») qui apparaît très peu dans « In the Grey ». Mais sa prestance crée une subtile et intéressante noirceur. Ses intentions demeurent d’ailleurs, clairement définies. Comme son ambition et ses désirs…
En fait, « In the Grey » ne s’adresse pas forcément à un large public. Ses sujets abordés rendent le film d’action dramatique un peu plus intéressant, mais ils ne plairont pas aux gens préférant les fictions davantage explosives.
Somme toute, le nouveau long-métrage de Guy Ritchie n’est pas son plus remarquable. Néanmoins, entre ami-e-s ou en couple, « In the Grey » divertit grâce à ses cascades performantes et au sauvetage à effectuer in extremis.







