Si « #Jesuislà » commence un tout petit peu trop lentement et contient quelques scènes à rallonge, la nouvelle réalisation d’Eric Lartigau surprend à bien des égards, permet de découvrir Séoul et de comprendre, que le présent c’est ici et maintenant.


Stéphane a tout pour se sentir heureux en qualité de Chef cuisto au Pays Basque. Entouré de ses fils adultes, de son ex-femme toujours présente et d’un personnel qu’il apprécie, il ne peut toutefois pas s’empêcher d’éprouver un bon frisson de plaisir en échangeant des propos respectueux et attentionnés avec la Sud-Coréenne Soo. Habituellement, Stéphane demeure quelqu’un de responsable et réfléchi. Pourtant cette fois-ci sous le coup d’une forte impulsion, il décide d’aller en Corée du Sud en éprouvant le fol espoir de rencontrer la jeune femme. Mais bien évidemment, une fois arrivé sur place, rien ne se passe comme escompter…

5 ans après la très bonne comédie familiale « La Famille Bélier » d’Eric Lartigau, le metteur en scène sort son nouveau excellent long-métrage. S’il semble s’être basé sur un fait divers spécifique, il faut savoir que chaque mois au sein de nombreux états à l’exemple de la Corée du Sud, les autorités gouvernementales renvoient pacifiquement plusieurs étrangers charmés par une femme du pays et désireux de vivre avec elle une nouvelle vie.

Bien évidemment au niveau de cette réalisation, la réalité demeure alternée pour en devenir une fiction authentique et touchante. Mais ce long-métrage n’aborde pas que le sujet du souhait de vivre ailleurs une vie meilleure. En effet, différents thèmes sont mélangés avec justesse et forme un récit poétique, mélancolique, magique et très efficace. Ainsi, l’addiction des réseaux sociaux est démontrée d’une telle manière, qu’un débordement imprévu ne pouvait qu’arriver au personnage principal joué par l’excellent Alain Chabat (« Astérix – Le Secret de la Potion Magique »).

Il reviendrait à trop dévoiler l’intrigue de « #Jesuislà » en expliquant chacune des idées utilisées et filmées. Néanmoins, cet assemblage harmonise et rend ce chef d’œuvre cinématographique véritablement pertinent, novateur et intelligent que d’autres comédies françaises tout autant récentes. En outre, la sensibilité du long-métrage permet à l’ex « Nul » d’interpréter de manière très différente un rôle lui allant à la perfection. Il se dégage de lui beaucoup d’émotions formidables et intenses comme la tendresse, ce brin nostalgique et par son biais également, Alain Chabat arrive à dépayser les spectateurs-trices grâce à son incroyable voyage.

Si effectivement ledit acteur porte cette belle fiction, la majorité de ses collègues apportent aussi les éléments nécessaires afin que le chef d’œuvre garde sa dynamique est ses synergies si particulières et appréciables. Ainsi, et au travers de la mystérieuse et exotique femme incarnée par Doona Bae (« The Tunnel »), la découverte de Séoul a non seulement un effet touristique et attractif pour le public, mais sa vie menée sur place au travers de « #Jesuislà » explique d’une manière très flagrante les différences culturelles Comme par exemple le respect envers son prochain ou l’utilisation extrême des téléphones portables, d’internet et des réseaux sociaux.

A propos de la distribution et malgré leurs rôles secondaires, les enfants du personnage joué par Alain Chabat, soit « David » et « Ludo » incarné respectivement par Illian Gergala (« Un sac de billes ») et Jules Sagot (« Il était une seconde fois »), amènent des perspectives, visions et ouvertures importantes par rapport aux états d’âmes de leur père. Ils démontrent notamment qu’à tout âge, l’esprit familial et l’entraide permettent d’avancer aussi à l’intérieur de soi.

Outre ces plus-values scénaristiques, « #Jesuislà » contient également une séquence vraiment amusante et faisant clairement allusion au trio comique (et ex quatuor) des « Nuls » dont faisait partie Alain Chabat. Sans dévoiler ladite scène, le moment se passe à Séoul au sein d’une salle de cinéma… Les connaisseurs-euses des « Nuls » comprendront certainement et pour les autres personnes, il ne restera plus qu’à découvrir leurs anciens spectacles inoubliables.

En définitive, « #Jesuislà » s’avère être une fiction s’adressant à un large public et se permettant de mélanger plusieurs sujets avec brio. De l’introspection à l’ère des réseaux sociaux, de tout quitter pour une vie meilleure à la réalité dans cet « ailleurs », la poésie, la philosophie, l’empathie et de nombreuses différentes émotions laisseront les spectateurs-trices apprécier cette magnifique réalisation.

#Jesuislà
FR – 2020
Comédie
Réalisateur : Eric Lartigau
Acteur : Alain Chabat, Doona Bae
Impuls
12.02.2020 au cinéma

"#Jesuislà" : Quand Séoul permet une formidable introspection
5.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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