C’est en 1998 que le projet « Kabhi Khushi Kabhie Gham… » commença à germer dans la tête du cinéaste Karan Johar. Traitant des mariages arrangés, des différences flagrantes entre les castes, le romantisme a beau être présent, l’histoire s’avère très originale.


Après 10 ans d’études poussées au sein de son collège privé, Rohan a enfin obtenu son diplôme et peut revenir voir sa famille. S’il avait deviné durant toutes ces années qu’un grave problème était survenu entre ses parents et son frère Rahul, il n’apprendra la vérité qu’à son retour chez lui par le biais de sa maman Nandini. Soit que son père Yashavardan s’était brutalement disputé avec Rahul car sa compagne dont il se sentait éperdument amoureux, ne convenait pas au patriarche. Ce dernier lança donc un ultimatum à son fils, soit il quittait et rompait avec Anjali, soit il devenait banni de la puissante et riche famille et n’acquerrait pas ses droits à la succession. Contre toute attente, ils s’en allèrent les 2 et ne revinrent jamais.
En apprenant ce lourd passé, Rohan décida de faire de son mieux afin de retrouver son frère disparu volontairement, d’autant plus en voyant et sentant la détresse de sa maman. Pour se faire, il débuta son investigation à Londres où sur place, il retrouva Pooja, la sœur d’Anjali…

Depuis de nombreuses décennies, le cinéma en Inde attire plusieurs milliards de personnes et peu importe les castes. Les plus pauvres se rendent fréquemment dans les salles obscures pour se distraire alors que les gens aisés découvrent souvent les long-métrages afin de s’enrichir culturellement. Quoiqu’il en soit, à la fin des années 90 un metteur en scène audacieux et novateur se fit particulièrement remarquer : Karan Johar.

Si le quarantenaire ne se prédisposa pas d’emblée au cinéma, il fut cependant rapidement influencé par les films Bollywood, notamment au travers des grosses productions et réalisations de Yash Chopra (« Veer Zaara »). En fait, il commença son incursion cinématographique en qualité de costumier, puis il passa à la réalisation pour terminer par devenir… l’un de plus puissants directeurs d’une société de productions indienne : « Dharma Productions ». Polyvalent, à ce jour il continue de produire, jouer et réaliser différentes mises en scène, tout en gérant son statut de Président.

C’est donc 3 ans après son énorme succès avec son drame romantique « Kuch Kuch Hota Hai », qu’il s’investit pour ce qui devint son 1er succès planétaire : « La Famille indienne ». Tourné entre Mumbai, l’Egypte et Londres, non seulement il innova au niveau de l’incroyable casting réunissant 4 générations dans un même long-métrage, mais en plus il choisit un sujet familial encore peu abordé de cette manière en Inde à l’époque.

Car si « Kabhi Khushi Kabie Gham… » se dota d’une distribution somptueuse entre Amitabh Bachchan (« Thugs of Hindostan »), Kajol (« Dilwale Dulhania Le Yagenje »), Shah Rukh Khan (« Happy New Year »), Hrithik Roshan (« War ») ou encore Kareena Kapoor (« Ra.One »), c’est surtout son histoire qui captive dès le départ. En effet et au-delà de la romance développée, « La Famille indienne » relate des faits malheureusement encore trop peu filmés et exposés ouvertement en Inde. Néanmoins, il apparaît que gentiment, davantage d’Indiens-iennes changent leurs coutumes et habitudes quant au système de castes et mariages forcés. Notamment au niveau des nouvelles générations vivant dans les grandes villes.

Une autre approche remarquable au sein de cette réalisation s’avère être le mélange de plusieurs cultures, traditions et mode de vie. Car si une brutale rupture intervient au sein de la trame, les personnages ne cessent d’évoluer. Notamment au travers d’un déménagement mûrement réfléchi à Londres. Autant dire qu’au sein de cette mégapole, les mœurs sont souvent à l’opposé de Mumbai par exemple.

Des couleurs des décors à celles des magnifiques saris (vêtements indiens portés par les femmes mariées), « Kabhi Khushi Kabhie Gham… » témoigne également d’un grand respect envers certaines traditions, mais sans oublier les (r) évolutions au fil du temps.

De ce fait et également grâce aux nombreux prix reçus, Karan Johar et les performances de l’entier de son équipe, représentent encore à ce jour, le renouveau du cinéma indien. Tant par rapport aux œuvres cinématographiques intimistes comme « The Lunchbox », qu’à plus gros budget comme « My Name is Khan ».

Indie – 2001 – Drame, comédie musicale, romance
Réalisateur: Karan Johar
Casting : Kajol, Hrithik Roshan, Kareena Kapoor, Amitabh Bachchan, Jaya Bachchan, Shah Rukh Khan
Dharma Productions

« La Famille indienne » : Le film indien par excellence, a presque 20 ans !
5.0Note Finale