La Tête Haute

Un drame social sans nuances malgré un Rod Paradot convaincant.


Présenté en ouverture lors du dernier Festival de Cannes, « La Tête haute » se focalise sur Malony (Paradot), un jeune délinquant qu’une juge pour mineur (Deneuve) et un éducateur (Magimel) tentent d’orienter vers le droit chemin. En suivant l’évolution de cet enfant difficile dans son cadre éducationnel particulier, Emmanuelle Bercot propose un drame social qui n’échappe malheureusement pas au misérabilisme souvent rattaché au genre. Ceci se remarque lors d’occurrences régulières, à chaque fois que la réalisatrice souhaite resserrer l’étau émotionnel, usant de ressorts dramatiques (l’accident de voiture, les nombreuses « rechutes » sociales) pour alourdir le récit.

Si Rod Paradot livre une prestation convaincante pour son premier rôle principal, Catherine Deneuve en revanche semble aussi empruntée que son personnage, récitant parfois son texte à la manière d’une institutrice qui donne ses leçons. Ce qui s’avère encore plus problématique, c’est le manque de crédibilité de cette bourgeoise activiste proche du peuple ; une remarque que l’on pourrait également appliquer au personnage de l’éducateur, dont l’écriture permet un rapprochement grossier avec le protagoniste et provoque quelques scènes embarrassantes. Sur le même thème, on préférera ainsi largement le « Mommy » de Xavier Dolan, locomotive émotionnelle qui, malgré ses défauts, fonçait droit sur le spectateur avec de vraies propositions esthétiques. Une approche plus honnête que « La Tête haute », plus soucieux d’emprisonner ses spectateurs que de leur servir du cinéma.

La Tête haute
D’Emmanuelle Bercot
Avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel
Dinifan