Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Peter Jackson ne s’embarrasse d’aucune introduction dans ce second film, puisque nous plongeons directement au cœur de l’action. Bilbon accompagné des treize nains et de Gandalf s’engouffre dans la forêt de Mirkwood, avant d’être confronté successivement à des araignées, à des Elfes, à des Hommes et à un dragon.

Le film pourrait se résumer en cette simple phrase si Peter Jackson et son équipe n’avaient pas agrémenté le récit de séquences annexes bénéfiques à un récit littéraire de base plus conceptuel que narratif ou visuel. On a donc droit à une nette augmentation de la présence des Elfes dont le triangle Thranduil-Legolas-Tauriel s’avère des plus passionnants. A ce titre, Tauriel est peut-être la plus grande réussite parmi ces ajouts, puisqu’elle personnifie tout ce qu’Arwen n’a jamais été : une guerrière au sang chaud déchirée entre son amour pour un nain et sa volonté de ne pas décevoir son roi.

Difficile de ne pas évoquer la séquence des tonneaux, véritable morceau de bravoure à la scénographie hallucinante qui relève, on ne le répètera jamais assez, du jamais-vu sur grand écran. Au rayon des réussites éclatantes, le dragon Smaug est sûrement la plus belle créature vue sur un écran de cinéma depuis longtemps, incarné brillamment par la voix et la gestuelle de Benedict Cumberbatch. La musique d’Howard Shore trouve dans cet opus ses lettres de noblesse, puisque débarrassée du thème des Nains (qui n’était pas le travail du compositeur) et des indispensables thèmes de la Comté reliant à « La Communauté de l’Anneau », elle déploie ici de nouvelles mélodies rappelant les meilleurs moments de la première trilogie.

Malheureusement le tableau n’est pas parfait, puisque la narration souffre d’une carence rédhibitoire : les pérégrinations de Gandalf à Dol Guldur qui sortent le récit de ses rails. On peine à imaginer comment Peter Jackson liera ces séquences au troisième opus et au « Seigneur des Anneaux » ; espérons que la crédibilité de l’ensemble n’en pâtisse pas. Le personnage de Beorn est également très maladroitement introduit, même si on devine une présence plus importante par la suite ou des séquences supplémentaires dans l’inévitable version longue. Le film souffre également de la comparaison avec « Le Seigneur des Anneaux », puisque face à un récit aux enjeux dramatiques énormes et à la cohérence globale sans failles, « Le Hobbit » propose quelque chose de beaucoup plus aéré, une aventure simple comme la voyait Tolkien lui-même, à savoir une ébauche de la quête de l’Anneau Unique.

Le Hobbit : La Désolation de Smaug
De Peter Jackson
Avec Martin Freeman, Evangeline Lilly, Richard Armitage, Ian McKellen…
Warner Bros.

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