Lionel Baier est un incontournable du cinéma suisse, une figure emblématique qu’on ne présente plus. Assistant réalisateur de Jacqueline Veuve, directeur de l’Ecole d’Art de Lausanne, producteur de « L’Expérience Blocher », réalisateur convaincant de documentaires (« La Parade ») et de fictions (« Un Autre Homme »), le voilà de retour avec la comédie historique « Les Grandes Ondes ». Le film raconte l’aventure de quelques étourdis de la Radio Suisse Romande envoyés par hasard au Portugal en plein milieu de la Révolution Des Œillets. Ce deuxième volet d’une tétralogie fait suite à « Comme des Voleurs (À L’Est) » et devrait être complété par deux autres longs métrages, l’un dont l’action se déroulera au Sud et l’autre au Nord. Ici en tout cas, le choix du lieu de l’action est original et permet une intéressante réflexion sur l’implication de notre pays dans les régions pauvres durant les années septante et autorise forcément à discuter la position actuelle de la confédération en matière d’entraide internationale.

Malgré tout, sous son revers politique, le film est aussi une franche comédie, une étude de caractères portée par trois excellents interprètes principaux et un sympathique appel à un trop rare travers national, la désobéissance civique. Dommage pourtant qu’une fois les sympathiques scènes d’exposition passées, le film, à l’image de ses héros, se perde, casse son rythme et ne le retrouve que dans l’excellente dernière partie, pleine de fantaisie. On aurait aimé que l’entièreté du film ait cette réjouissante vitalité.

Les Grandes Ondes (À L’Ouest)
De Lionel Baier
Avec Valérie Donzelli, Michel Vuillermoz et Patrick Lapp
20th Century Fox / Rita

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