Dans cet essai, Nathan Réra propose de mettre en évidence l’importance de la photographie dans les films du réalisateur. L’auteur ne vise pas l’exhaustivité mais choisit des exemples pertinents pour appuyer son propos. « Seven » est abondamment cité à cause de la place qu’occupent les photographies Polaroïd dans le modus operandi de John Doe au moment de ses meurtres. L’auteur met constamment en parallèle « Seven », « Zodiac » et « Millenium » qui forment une sorte de « trilogie du film d’enquête » dans la filmographie de David Fincher. Il fait ressortir les corrélations, les différences et les évolutions dans l’importance jouée par les photos durant ces différentes enquêtes. Le réalisateur questionne constamment le spectateur dans son rapport à l’image, dans son statut de voyeur. L’évolution de la photographie, de l’image figée dans le temps est une thématique omniprésente dans le travail de Fincher, des Polaroïds désuets de John Doe dans « Seven » à l’utilisation de l’image numérique dans « The Social Network » ou « House of Cards », série initiée par le réalisateur. Nathan Réra n’hésite pas non plus à utiliser beaucoup d’exemples comparatifs pour étayer ses propos, analysant également le rapport à l’image dans « Blow Up », « Peeping Tom » ou « Photo Obsession ». A noter également une très belle mise en page aérée qui permet une lecture agréable de bout en bout.

Les Chambres Noires de David Fincher
De Nathan Réra
Rouge profond