Le jour où le soldat blessé unioniste, John McBurney, arrive à la pension pour jeunes filles des sœurs Farnsworth, il est accueilli avec curiosité. Miss Martha, la directrice, ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de cet élément perturbateur. Ce qui n’est pas le cas de sa sœur Miss Harriet et les autres pensionnaires. Les plus jeunes, le considèrent comme une nouvelle attraction, ou encore, comme un animal de compagnie, alors que les autres s’intéressent de manière différente à cette gente masculine. La force de caractère de Miss Martha aura raison de leur curiosité, puisqu’elle leur interdit d’aller importuner ce monsieur. Toutes un peu rebelle sur les bords, elles n’ont que faire de ces avertissements, à leur plus grand désarroi.

Les unes après les autres, elles confieront leur histoire involontairement à celui qui prétendait somnoler. Alors que le chaos règne déjà dans la demeure à cause des multiples caractères qui y habitent, le gentil Johnny, prendra plaisir à en semer encore plus. Seulement, il n’a pas la moindre idée ce dont ces jeunes femmes sont capables une fois contrariées. Il en paiera le prix cher.

Les chapitres alternent le point de vue des huit jeunes femmes, dont la domestique. Nous connaissons donc tout ce qui peut bien trotter dans la tête de nos protagonistes et avons un aperçu de l’histoire cadencé par un passage de témoin.

Chaque protagoniste a un adjectif pour la définir : Miss Martha l’autoritaire, Miss Harriet la naïve, Edwina l’égoïste, Emily la patriote, Alice la séductrice, Amelia l’aventurière et Marie la peste. Tout cet éventail de caractères entraîne la complexité du livre, mais aussi de la tâche de McBurney pour embobiner toutes ses proies à la fois. Car si le contrôle est perdu, il l’est pour de bon.

Je soulignerai aussi la fluidité de la plume de l’auteur, qui a travers des mots simples et des expressions d’antan, ravive le quotidien morne de la guerre de Sécession. Magnifiquement décrite, l’histoire de ces jeunes et moins jeunes femmes est garnie de mésaventures.

Les Proies
Thomas Cullinan
Payot et Rivages

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