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vendredi, juillet 12, 2024
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NIFFF 2024 : Une édition un peu moins riche et un peu trop française

Monstre du placard, sitcom déjantée et grosses bastons au programme.

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Outre les Premières suissesses, les avant-premières et autres films inédits très intéressants, le constat général des festivaliers-ières est net : trop de fictions de nos voisins de l’Hexagone. Malgré cela, la rétrospective et de belles découvertes sont à voir du 5 au 13 juillet 2024.


Cette édition s’avère un peu particulière au niveau de la programmation et des invité-e-s du « Neuchâtel Fantastic Film Festival ». Habitué à la manifestation, je constatai avec d’autres personnes, moins de longs-métrages au sein des sections asiatiques, « Ultra Movies » et « Third Kind ».

Également triste de ne pas voir les programmes étoffés imprimés et en vente comme habituellement. Autre déception, la diminution du nombre d’invité-e-s directement lié-e-s aux réalisations (réalisateurs-trices, acteurs-trices) par rapport aux thématiques du « NIFFF ».

Enfin, une autre interrogation, la très (et peut-être trop ?) discrète Asia Argento qui ne fut guère visible à Neuchâtel et n’a à priori, pas présenté ses choix de films liés à sa carte blanche. Néanmoins et parmi la quinzaine de productions déjà vues, plusieurs s’avérèrent marquantes et captivantes :

« Your Monster » : Laura n’en revient pas. En peu de temps, elle a la sensation d’être passée d’un rêve agréable à une chute interminable dans un cauchemar. Alors que la jeune femme entame sa potentielle guérison d’un cancer, son petit ami la quitte. Effondrée, elle fera alors une rencontre horrible et cela changera sa vie à jamais : le monstre de son placard. Apeurée, elle ne comprendra d’abord pas cette vision, si s’en est une. Puis, elle va s’en habituer et attacher. Mais entre sa pièce de théâtre, son nouvel ami et les trahisons, qui franchira le cap de la folie ?

En tête d’affiche de « Your Monster », la nouvelle « Scream Queen » (actrice incarnant une jeune femme victime, tenant tête à son persécuteur et criant fréquemment) Mexicaine Melissa Barrera (« Abigail »). A ses côtés, Tommy Dewey (« Le Book Club ») qui est remarquable en « Bête » cynique.

Mais « Laura » (Melissa Barrera) ne s’avère de loin pas que la « Crieuse » basique. Ses palettes d’émotions sont formidablement jouées et elle démontre avec brio, une femme forte du 21e siècle, incluant ses défauts et faiblesses.

Plutôt axé comédie romantique, entre les répliques mordantes et drôles et le film tourné par Caroline Lindy (qu’elle adapta de son court-métrage au titre homonyme), « Your Monster » aborde en fait, plusieurs thématiques avec intelligence. Efficace et dynamique, il devrait plaire à un large public.

« Krazy House » : Bernie, Eva, Sarah et Adam Christian forment au prime abord, une famille très croyante et aimante. Tout se passe plus ou moins pour le mieux, jusqu’à l’arrivée de 3 ouvriers russes venant rénover leur cuisine. L’idylle va alors virer au cauchemar sanglant… Les démons vont (re) surgir et personne n’épargnera son prochain, incluant Jésus. Les croyances seront remises en question et même Angel le chien de la famille, ne pourra rien changer aux folies en découlant.

Original, sanglant, décalé, drôle et efficace, « Krazy House » fut l’un de mes coups de cœur pendant cette 23e édition du « NIFFF ». Scénarisé et réalisé par Steffen Haars (« New Kids Turbo ») et Flip Van Der Kuil (« New Kids Nitro »), cette version sous forme de sitcom, surprend à de nombreux égards.

A commencer par la comédienne en tête d’affiche, moins habituée aux fictions du genre que son collègue Nick Frost (« Le Chasseur et la Reine des glaces »). Ainsi, Alicia Silverstone (« Reptile ») démontre à merveille son talent au travers de son jeu polyvalent d’actrice. Et pas forcément celles sous forme de mère et femme d’affaires modèles…

Même si quelques scènes demeurent un peu longues, l’intrigue se met rapidement en place et ses délires resteront indéniablement efficaces. Plutôt sanglant, les morts sont osées, les cinéastes s’étaient souvent demandés ce qu’il se passerait si une sitcom débordait de cette manière.

Question résolue de leur part et cela plu largement au public. Presque chaque scène se savoure et l’entier de la distribution ainsi que les effets spéciaux, rendent « Krazy House » diablement jouissif. Néanmoins, ce long-métrage ne s’adresse pas à un large public avec son degré de violence.

« Twilight of the Warrior : Walled In » : Chan a un seul désir, obtenir des papiers légaux afin de vivre à Hong Kong. Pour ce faire, il choisit de mener de violents combats. Mais son patron va l’arnaquer et très méfiant de la triade, le jeune homme décida de se faire justice et vola un sac de de Yuans. Poursuivi, il n’aura le choix que de se réfugier dans la Citadelle, aux mains d’un autre cartel chinois. Il va finalement s’habituer à ce lieu et à ses nouveaux-les voisin-e-s. Cependant, son passé fera resurgir de vieux souvenirs liés à ce lieu et cela se terminera en une énorme apothéose…

Adapté du manga « City of the Darkness », cette fiction est bourrée d’adrénaline, d’action et de combats violents. Efficace jusqu’à la toute dernière minute, les rebondissements s’avèrent nombreux et malgré son côté très prosaïque, la magie reste toujours proche des vivants et des morts.

Auréolé de 2 prix au « Weibo Movie Award » en Chine cette année, il entra également en compétition à celui de Cannes. Finalement, sans aucune récompense et à regret. Car la réalisation de Soi Cheang (« Coq de combat ») demeure magistrale, touchante et tendue tout au long du récit.

Entre la distribution soigneusement choisie et préparée pour les scènes de combats, les décors recréés de la véritable Citadelle de Kowloon et l’intrigue très vite captivante, « Twilight of the Warrior : Walled In » plaira à de nombreux-euses spectateurs-trices. Mais pas aux âmes sensibles ni aux enfants par rapport aux raisons évoquées. En définitive, un film d’arts martiaux à couper le souffle.

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