Le dernier film de Philippe Lacheau sort le 6 février dans les salles romandes. L’occasion pour Daily Movies d’aller à sa rencontre pour lui poser quelques questions et parler de ce défi fou, d’adapter au cinéma français, le légendaire manga « Nicky Larson ». Philippe Lacheau et Julien Arruti en toute décontraction pour une interview drôle et efficace.


Pour commencer et en quelques mots, qu’est-ce que vous pouvez dire au public pour lui donner envie d’aller voir votre film ?
Philippe : On peut leur dire que pour deux places achetées pour « Nicky Larson », ils peuvent aller deux fois au cinéma. (Rires…)

Julien : Oui, c’est une bonne idée (rires…) on peut dire que le film est rigolo aussi. Qu’ils vont en prendre plein les yeux et qu’ils vont voir Élodie Fontan en porte-jarretelles.

Philippe : S’ils veulent du rire, de l’action, de la romance et se changer les idées pendant une heure et demie, ils peuvent aller voir « Nicky Larson »…

Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans un tel projet ?
Philippe : On fait partie de la génération Club Dorothée. C’est comme ça qu’on a connu Nicky Larson qui était un dessin animé à la base, un manga japonnais et c’est un peu un rêve d’enfant de faire ce film.

Julien : Et pour quelle raison aussi ? Parce que dans Nicky Larson, il y a plein de gonzesses et on avait envie de profiter de ces moments de vie, de ces quelques mois de tournage…

Philippe : On n’est pas cons ! Et si on avait fait « Candy », on n’aurait pas pu jouer dedans. Tu vois, tout ça réuni… On est malins, hein !

Avez-vous pu rencontrer Tsukasa Hōjō (créateur de « Cat’s Eye » et » Nicky Larson ») afin de lui parler de votre projet ? Si oui, comment était cette entrevue ?
Philippe : Oui, on a rencontré Tsukasa Hōjō ! De toute de façon, on n’aurait pas pu faire le film sans son aval parce qu’il a un droit de regard. Disons que ça prouve quand même notre motivation, c’est-à-dire que nous avons écrit un film pendant un an et demi sans savoir si on pouvait le faire. Donc, ce n’est pas rien quand même. Et j’avoue que c’était un grand moment de pression parce que je me retrouve à partir au Japon après un an et demi d’écriture et si ça se trouve, je revenais en disant : « bons, bah, les gars, faut faire autre chose parce qu’il n’a pas aimé ». Et je sais en plus qu’il reçoit énormément de projets d’adaptation et il refuse quasiment toujours et pour nous, ça a été l’inverse. Il a adoré notre film, il a adoré le scénario et c’est grâce à ça que nous avons pu faire le film. Pour lui, l’univers de son œuvre était respecté. Il est venu en France il y a quelques semaines, on lui a montré le film, donc là, nouveau moment de pression, je ne voulais surtout pas qu’il se sente trahi ou quoi et là, pareil, il a adoré le film. Donc, grosse fierté, et même gros Kiff.. . C’était même touchant comme rencontre.

Julien : Et quand Tsukasa a validé le film. Fifi (Philippe Lacheau) a tapé sur son dos et il lui a fait : « Hey, Tsukasa es mi casa » (rires…)

Pourquoi n’apparaît-il pas, même furtivement ?
Philippe : On lui a demandé de faire une petite apparition dans le film. Au début, il nous avait dit oui, mais en fait, c’est quelqu’un d’extrêmement timide et extrêmement réservé et il est finalement revenu sur sa décision et on s’est dit « ah dommage « , car c’était vraiment une petite apparition très rapide. On était prêt à envoyer une équipe au Japon pour faire juste un plan et après, il s’est rétracté, c’est quelqu’un de très discret… Dommage.

Que représente « Nicky Larson » pour vous ?
Philippe : Pour ceux qui ne connaissent pas, on va dire que c’est un peu une sorte de James Bond en comédie. Ce que j’adore dans ce personnage, c’est qu’il peut aussi bien avoir trois ans d’âge mental quand il croise une jolie fille. Mais dès que ça devient sérieux, il est dangereux et grave, devient le meilleur tireur, le meilleur garde du corps, le meilleur dans les bastons, etc. Et c’est ce contraste qui est génial… de passer de la comédie au sérieux en un claquement de doigts et c’est très kiffant même à jouer. J’ai pris un kiff fou à faire ça parce que je n’ai jamais fait de scènes d’action ou des scènes un peu sérieuses comme ça.

Cette version de « Nicky Larson  » contient aussi beaucoup de scènes d’action. Comment les avez-vous préparées afin de les rendre à la fois drôles, sérieuses et crédibles ?
Philippe : On a des petits jeunes qui se sont occupés de toutes les mises en scène d’actions qui s’appellent « Assistant », on tient vraiment à les saluer car ils ont fait un travail d’ouf et j’ai fait tous mes entraînements avec eux. C’est-à-dire qu’on a chorégraphié les scènes d’action physiques, car les scènes d’action mécaniques et les courses-poursuites, c’était David Julienne. Donc, avec « Assistant », j’ai fait une préparation physique, j’ai des scènes de combat notamment avec celui qui joue Mammouth qui s’appelle Kamel Guenfoud. Lui, il a pratiqué beaucoup de sport de combat, du MMA, tout ça… Moi, jamais, donc je partais vraiment de plus loin. J’ai découvert tout ça pour avoir un semblant de crédibilité. J’ai appris à manier les armes à feu, j’ai aussi appris à tirer avec le Magnum 357, à la mitraillette… non c’était kiffant, franchement, des fois tu te prends un peu pour Tom Cruise, Tom Cruise Low-cost mais franchement il y a un petit côté comme ça à répéter les scènes d’action, à tirer dans tous les sens, c’est assez jubilatoire.

Qui est Vincent Ropion pour vous et comment vous avez fait pour le convaincre pour son apparition dans votre film ?
Philippe : En fait, pour ceux qui connaissent bien Nicky Larson, City Hunter, on voulait mettre un tas de clins d’œil. On s’est dit que ça serait chouette de voir quand même au moins apparaître la voix française de Nicky Larson, qui a doublé les 144 épisodes. Donc, on lui a demandé et il a dit très rapidement oui, on était très heureux, très fiers de l’avoir dans le film. D’ailleurs, on a fait une petite dédicace puisqu’il joue un journaliste dans le film : « Jean-Michel La Voix ». Et ce n’est pas le seul, on a aussi Jean-Paul Cesari qui est le chanteur du générique de Nicky Larson et Dorothée… C’est plein de petits clins d’œil du dessin animé original qu’on est très fiers d’avoir dans le film.

Pourquoi ne pas avoir tourné au Japon ?
Philippe : Effectivement l’histoire de base se passe à Tokyo… En fait, pour deux raisons, la première, ça reste un film français, alors, on a même pas fait le devis mais je pense que ça aurait coûté très cher, même peut-être trop cher… mais c’est même pas la vraie raison. La vraie raison, c’est très simple, on est tous français, on parle français, les méchants qu’on rencontre parlent français et on s’est dit que ça va paraître chelou que des français au milieu de tous les japonais, est-ce que ça va pas faire bizarre ? On s’est beaucoup posé la question et la décision a été de les mettre dans un univers visuel qui ressemble à Tokyo sauf qu’on cite jamais la ville, s’ils sont en France, on dit rien, on noie le poisson comme ça, sauf que visuellement, bah, on se démerde pour que ça ressemble au dessin animé. En fait, c’est un peu notre Gotham City de Batman, une ville qui n’existe pas, c’est une ville qui n’existe pas, on ne sait pas où ça se passe, on la nome jamais, mais Nicky aura en tout cas à vivre dans une ville qui ressemble un peu près à l’univers de Nicky Larson.

Julien : Le chef décorateur a fait un travail de dingue aussi… parce qu’il a créé un intérieur, des décors assez japonisants avec des détails assez simples mais basique sur des interrupteurs…

Philippe : Des poignées de portes, des trucs comme ça…

Julien : Ce qui fait que tu ne sais pas vraiment où tu es…

Philippe : c’était important pour nous. On a fait gommer la Tour Eiffel, quand on tournait en région parisienne, pour vraiment pas qu’on reconnaisse la ville.

Donc, ce n’était pas envisageable de faire une co-production franco-japonaise ?
Philippe : Co-production franco-japonaise ça vaut dire qu’il y aurait dû avoir des japonais dans le film et du coup ça veut dire que tu te retrouves avec un film sous-titré… enfin, c’est compliqué… Avec notre film jusqu’à présent, on a de la chance car il s’exporte plutôt pas mal. Il a été vendu au Japon, en Chine… En fait, le premier consommateur de mangas, après le Japon ce sont les français, donc, si tu veux, t’as intérêt avant tout à faire un film qui plaise aux français avant les autres, parce que t’es pas garanti que ça marche à l’étranger, vu que les mangas ne sont pas si connus que ça. C’est ce qui s’est passé avec « Dragon Ball Evolution ». C’était fait par les Américains et on voit bien qu’ils ne connaissaient pas très bien le sujet, c’était un film purement marketing. En fait, ils ont acheté les droits, ils l’avaient dans leur tiroir et ils se sont dit qu’il y a quand même des gens dans le monde à qui ça peut plaire et du coup, ils confient ça à un mec qui ne connaissait pas le domaine et ça se voit… C’est dommage.

Et pour terminer, il s’avère que les fameux « Love Hotel » et les chats si propre à l’univers de « Nicky », ou « Ryô Saeb », n’apparaissent pas. Pour quelles raisons ?
Philippe : Ah t’es un gros fan, c’est chouette. On fait un petit clin d’œil au « Love Hotel « , car c’est vrai que Nicky Larson va beaucoup normalement dans les « Love Hotel » (Hôtels de passes). Dans la version française, comme à la base, c’était pour les enfants, ils avaient remplacé ça en disant « je t’amène au restaurant végétarien ». En fait, au lieu de dire : « vient je t’amène dans un « Love Hotel », « je t’amène dans un restaurant végétarien ». Et donc, on fait un clin d’œil à ça dans le film. À un moment dans le film, il dit à une fille : « Si tu veux, je t’amène dans un restaurant végétarien ». Et les chats, effectivement, on n’a pas mis le point faible de Mammouth, sa phobie des chats, car c’était difficile de tout mettre dans un épisode. On espère qu’il y aura une suite pour pouvoir effectivement exploiter d’autres ingrédients comme la phobie des chats avec Mammouth qui peuvent amener des choses assez marrantes.

Nicky Larson et le parfum de cupidon
FR – 2019 – Comedy
Réalisateur: Philippe Lacheau
Acteur: Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Dorothée, Julien Arruti, Jérôme Le Banner
Pathé Films
06.02.2019 au cinéma