Bannière : Polina n’est pas un film sur le milieu de la danse, c’est un film qui danse. Une incroyable expérience visuelle, où la caméra est une valseuse qui nous entraîne avec élégance dans le monde d’une jeune qui veut devenir danseuse étoile.


Autant le dire tout de suite, ce film n’est pas pour les amateurs de danse. Il n’est pas non plus pour les amateurs de films de danse. Par contre, il est pour quiconque est à la recherche d’un film avec une esthétique propre, qui claque, et qui fait sens (amateurs de danse inclus, vous l’aurez compris). Si vous aimez vous mouvoir dans un univers singulier, si la valse des images a sur vos yeux une emprise quasiment magnétique ; faites le pas, venez danser votre vie en compagnie de Polina.
Cette production s’inspire directement de la BD de Bastien Vivez du même nom. Lors du passage du papier à la pellicule, l’esthétique singulière du medium d’origine n’a pas été préservée, mais les deux cinéastes ont su conserver, voir magnifier l’essentiel : l’attention particulière donnée aux images qui faisait la force de la bande-dessinée. C’est une réussite, le film se constitue lui aussi un univers visuel singulier qui nous emporte.
Car Polina est un film qui danse. L’histoire de la jeune ballerine du même nom, qui se fraiera un chemin jusqu’à devenir une danseuse étoile, n’a en soit pas un grand intérêt… c’est un squelette, c’est la colonne vertébrale de l’œuvre. N’importe qui serait rebuté en ne regardant que ses ossements : ses débuts dans le ballet classique avec un maître au regard exigeant, ses aventures amoureuses dans une école prestigieuse française, sa découverte du Hip-Hop ne sont rien sans les couleurs, la chair et les torsions que les cinéastes induisent au corps du film.
Et ce qui subsiste, une fois le film visionné, c’est à quel point tout danse durant la séance. Avant tout, les regards. Ils s’affrontent, se mêlent dans un tango effréné. Le regard de Polina, le regard de ses maîtres, le regard de ses parents, et au centre de cette lutte visuelle: le regard de la caméra. Bien souvent, par des travelings dansants, par des cadrages singuliers, le regard des cinéastes saura épouser celui des protagonistes. Plus le film avance, plus la jeune danseuse avance dans son parcours initiatique, et plus le film prend chair, jusqu’à devenir sa deuxième peau.

  • De Angelin Preljocaj et Valérie Müller
  • Avec Anastasia Shevtsova, Niels Schneider, Juliette Binoche
  • UGC Distribution