Après avoir passé avec succès le cap du demi-siècle, avec une édition 2017 parrainée par Guillermo Del Toro, le Festival international du film de Catalogne confirme avec sa 51ème édition qu’il demeure LE rendez-vous incontournable des amateurs de genre.


Comme à son habitude, le festival de Sitges a offert pendant dix jours (du 4 au 14 octobre dernier) un programme éclectique et qualitatif, mariant les productions du grand et du petit écran (séries, Netflix, etc.), avec des invités des plus prestigieux parmi lesquels Nicolas Cage, Ed Harris, John Carpenter, Peter Weir, Ron Perlman ou encore Pam Grier.

Cette 51ème édition a été inaugurée par l’intrigant remake de « Suspiria », chef-d’œuvre intemporel du maestro Dario Argento. Cette relecture de Luca Guadagnino (« Call Me By Your Name »), dont les retours étaient plutôt positifs, était présentée par son actrice Tilda Swinton, venue également célébrer son Grand Honorary Award (prix récompensant une carrière remarquable).

L’événement majeur de ce premier weekend du festival était assurément la présence de l’acteur américain Nicolas Cage accompagnant l’halluciné « Mandy » (voir nos notations plus bas), le second long-métrage de Panos Cosmatos (fils du défunt George, à qui l’on doit les sévèrement burnés « Rambo II » et « Cobra »). Le neveu de Francis Coppola a également reçu le Grand Honorary Award afin de couronner une carrière inégale mais assurément intrigante. L’interprète du Castor Troy de « Volte-Face » a enchainé avec grande prestance les événements (photocall, conférence, masterclass et présentation) en se montrant particulièrement disponible avec les festivaliers venus en masse l’accueillir sur la station balnéaire catalane.

Gareth Evans, géniteur du dytique « The Raid » (véritable référence du film de baston post 2000), était également présent dans la province de Barcelone pour présenter « Apostle ». Ce film d’horreur d’époque, influencé tant par les classiques britanniques « Les Diables » de Ken Russell (1971) et « The Wicker Man » de Robin Hardy (1973), que par le cinéma de Ben Wheatley (« Kill List » et surtout « A Field In England »), a pu être concrétisé grâce à Netflix. Le réalisateur et scénariste gallois a donc été longuement questionné sur le mode de production et de diffusion de la société américaine. Evans a alors partagé ses souvenirs de découverte de classiques en VHS (parfois de très mauvaise qualité) sur un petit écran, ce qui ne l’a jamais empêché d’être totalement « transporté »…

« Climax », le nouveau trip de Gaspar Noé (déjà multi primé au NIFFF), s’est imposé comme la sensation cinématographique de cette première partie du festival. Avec ce 4ème long-métrage confectionné dans l’urgence, le réalisateur italo-argentin semble avoir trouvé un équilibre adéquat entre son traitement formel, narratif et expérimental et livre son meilleur film depuis « Irréversible » (2002). « Climax »a d’ailleurs remporté le prix du meilleur film (Best Feature Lenghfilm) de cette 51ème édition du festival de Sitges.

[David Cagliesi / Jean-Yves Crettenand]

www.sitgesfilmfestival.com

A propos de l'auteur

Daily Movies est à ce jour le magazine le plus complet en information cinéma, ciblant un large public de tous âges. Avec son format original et accessible gratuitement ou en abonnement grâce à ses différents partenaires, Daily Movies est l’un des moyens privilégiés permettant à de nombreuses personnes d’être informées de l’actualité cinématographique en Suisse.

Articles similaires