Avec Valerian, Luc Besson ose un voyage dans l’espace plutôt convaincant.


Alors ? vous demandera-t-on à votre sortie de la salle après « Valérian et la Cité des 1000 planètes ». C’est que ce film constitue un événement de taille pour le cinéma français : rien de moins que la production la plus coûteuse jamais réalisée, estimée à 190 millions d’euros.

Luc Besson a donc choisi d’adapter la série de bandes dessinées de science-fiction lancée en 1967, Valérian et Laureline. On doit cette série à Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Éveline Tranlé. Classique du genre, référence ultime pour les connaisseurs, la BD racontant les aventures des agents spatio-temporels Valérian et Laureline est pionnière dans la bande dessinée française et a reçu de nombreuses récompenses.

C’est après avoir vu Avatar que Luc Besson aurait mis fin à son projet en cours pour se lancer un grand défi et démarrer le projet Valerian dans la foulée. Il est vrai que le cinéma français n’est pas coutumier de ce type de « space opera » dans la lignée de « Star Wars ».

Et donc ? Le film a beau être porté par des acteurs américains, on reconnaît l’univers Besson : atmosphère futuriste et décalée, jeunes femmes en costumes moulants, et même un Valérian (Dane DeHaan) dont l’armure et le visage juvénile à grands yeux bleus rappelle Milla Jovovich version « Jeanne d’Arc ». On s’amuse à croiser des têtes connues (Chabat en vieux marin fou, Clive Owen en commandant de bord) et à en découvrir de nouvelles (Cara Delevingne livre une prestation convaincante, quand l’inutilité du rôle de Rihanna fait hausser les sourcils).

Mais surtout, on voyage ; à cet égard, les mouvements dans l’espace et le travail artistique (design, décor, costumes) sont particulièrement réussis et viennent rehausser une intrigue aux rebondissements parfois simplets et n’échappant malheureusement pas à son lot de clichés parfois racistes ou sexistes. Ce film est fréquemment présenté comme décisif pour EuropaCorp notamment, la société de production de Besson. C’est aussi un film sur lequel les étudiants de son École de la Cité, créé à Paris en 2012 ont eu l’occasion de travailler. Parions qu’il y en aura d’autres ; le space-opera à l’américaine pourrait avoir de beaux jours devant lui en France.

Valerian and the City of a thousand Planets
(Valérian et la Cité des milles planètes)
FR   –   2017   –   SciFi
Réalisateur: Luc Besson
Acteur: Dane Dehaan, Cara Delevingne, Ethan Hawke, Clive Owen, Rihanna
© Pathé Films
26.07.2017 au cinéma

Valérian et la Cité des milles planètes : En route pour le kaléidoscope spatial
3.5Note Finale