C’est en 2009 que Blizzard Entertainment avait annoncé la mise en production d’un film basé sur son jeu vidéo culte : Warcraft. Après de multiples rebondissements, une mise en stand-by, un changement de réalisateur, le film a repris en 2013 sous la houlette de Duncan Jones. Dire que le résultat était attendu relève du doux euphémisme si on tient compte que la licence Warcraft compte plus de 100 millions de joueurs à travers le monde. Quand en plus, on sait qu’il a eu le temps de développer un univers extrêmement riche, une histoire qui tient plus de l’encyclopédie que du livre de poche, le défi était titanesque.


Les adaptations de jeux vidéo au cinéma sont aussi nombreuses que leurs ratages car même en étant très généreux, il est difficile de se rappeler un seul qui aie vraiment tenu la route, on se souvient des Lara Croft plus pour la plastique généreuse d’Angelina Jolie que leur apport au 7ème art, d’un Street Fighter avec un Van Damme faisant du Van Damme sans oublier bien sûr le précurseur avec un plombier moustachu (si, si le film existe…n’essayez pas de faire comme si vous étiez amnésiques !). Autant dire qu’avec tous ces exemples, on ne pouvait que craindre le pire avec l’adaptation d’une franchise aussi mythique.

Autre crainte fondée, le recours abusif à l’image de synthèse, à ces décors préfabriqués par ordinateur, monnaie courante dans tous les films à grand spectacle à tel point qu’on finit par se demander quel est le pourcentage de réel qui est affiché à l’écran mais encore plus gênant le spectacle visuel s’imposant souvent au détriment d’une scénario digne de ce nom. Etant donné que l’univers heroic-fantasy de Warcraft se prête bien à cette surenchère, quel résultat final dès lors ?

Autant le dire tout de suite, les personnes allergiques à l’image de synthèse, motion capture et autres procédés similaires peuvent passer leur chemin car il n’y a pas une seule scène qui n’y ait pas recours mais c’était parfaitement prévisible donc de ce point de vue, inutile de reprocher quoi que ce soit à ce film. Mais heureusement le visuel ne supplante pas l’histoire : ce premier volet raconte ainsi les origines de la guerre entre humains et orcs, ces derniers voyant leur monde à l’agonie, cherchent un nouveau monde pour y vivre en paix et se décident pour celui des hommes. Mais parmi les orcs, un d’eux va s’élever contre leur chef qui risque d’anéantir leur peuple en faisant utilisation de la magie noire pour parvenir à ses fins. Entre la guerre entre les deux races et les conflits internes présents de chaque côté, les rebondissements gardent le spectateur en haleine et même si quelques facilités scénaristiques sont présentes notamment des parties de l’histoire qui mériteraient un plus grand développement, cela n’enlève rien au plaisir procuré. Mais n’oublions pas que Warcraft est avant tout un film d’action et ce côté-là, on est servi : des batailles épiques, grandiloquentes, rythmées qui nous en mettent plein la vue aussi bien visuellement qu’au niveau sonore.

Warcraft le commencement est donc une très bonne surprise et déroge à la règle à laquelle étaient cantonnés les médiocres Mortal Kombat, Double Dragon et autres Resident Evil. Ici, nous avons affaire à une adaptation de qualité, qui a su éviter les principaux pièges du genre en se basant sur un habile mélange entre grand spectacle visuel et un scénario efficace et non pas uniquement sur un nom pour faire recette. Par ailleurs, inutile d’être un inconditionnel du jeu pour profiter du film, l’histoire pouvant être rapidement assimilé sans avoir eu à passer des nuits blanches devant l’écran de son ordinateur. Warcraft ou l’avénement d’une nouvelle ère pour l’adaptation des jeux-vidéo au cinéma ? Seul l’avenir nous le dira mais le début est prometteur.

Distributeur : Universal
De Duncan Jones
Avec : Travils Fimmel (Anduin Lothar), Toby Kebbell (Durotan) , Paula Patton (Garona), Ben Foster (Medivh)
Durée : 123 min

Warcraft, le commencement : un début réussi
4.0Note Finale