NIFFF 2026 : La robotique helvétique, rencontre d’une baleine et d’étranges paris…

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Encore quelques jours avant la fin du « Neuchâtel International Fantastic Film Festival »… Si la fatigue de la semaine se perçoit déjà dans le regard de beaucoup de festivaliers-ières, la nostalgie de la fin commence aussi à poindre.


Durant ces derniers jours, 3 autres réalisations m’ont interpellé. L’une se déroule en Espagne dans le grand froid, la seconde au bord du sable chaud et la dernière, au gré des nuits sombres. Toutes présentent des problèmes complexes et dangereux :

« Eva » : En 2041, les humains et les robots vivent depuis longtemps ensemble et plutôt harmonieusement. Appelé par son ancienne faculté de Robotique, Alex se voit confier une mission particulière : créer un robot libre. Sur place et après avoir revu ses anciens lieux avec à chaque fois un élan de nostalgie, il retrouvera aussi son frère et son ancien amour. Tout en faisant la connaissance de la surprenante jeune Eva. Qui pourrait lui servir de modèle pour la conception prévue…

Si l’intrigue de cette fiction se déroule au sein d’une Espagne hivernale, en réalité une grande partie du long-métrage fut tourné en territoire helvétique et plus précisément à la Chaux-de-Fonds. Un faux raccord l’atteste toujours d’ailleurs, certaines plaques de voitures sont celles de ladite ville.

Quoiqu’il en soit, « Eva » mêle habilement la science-fiction au mélodrame. Diffusée dans les cinémas en 2011, cette réalisation remporta de nombreux prestigieux prix au sein de festivals de films reconnus internationalement.

25 ans après, « Eva » reste toujours réaliste et poétique. Superbement jouée par Daniel « Alex » Brühl (« Falcon et le Soldat de l’Hiver ») et Claudia « Eva » Vega, la manière de filmer amène aussi une douceur et humanité vraiment touchantes.

« Fish, Fists and Ambergris » : Situé au bord de l’océan au Vietnam, un charmant village et ses habitant-e-s protègent depuis plusieurs siècles une relique ancestrale. Suite à son soudain vol, la famille qui s’en occupe particulièrement comprendra qu’il lui faudra se rendre en ville pour la retrouver et ramener la sérénité souhaitée. Mais toutes les rencontres faites sur place, ne seront pas forcément allègres… Arriveront-ils à récupérer la petite baleine à temps ? Rien n’est moins sûr…

Sous forme d’une comédie d’action familiale réussie, « Truy Tim Long Dien Huong » en version originale, démontre aussi l’importance des communautés rurales dudit pays. Certaines traditions filmées rappellent également leur utilité et nécessité.

Sorti en fin d’année 2025 en Asie du Sud-Est et doté d’un petit budget, environ 2,5 millions de dollars, « Fish, Fists and Ambergris » en a rapporté presque 8 millions.

Un succès amplement mérité. Car d’une part, il cible des âges variés et de l’autre, il divertit et amuse en tout point. Enfin, ses cascades chorégraphiées font plaisir à voir et amènent un dynamisme supplémentaire très sympathique.

« Dead End » : Sa reconversion professionnelle ne fonctionnant pas, l’ancienne célébrité du baseball Lin Shengyi revient vivre au sein de sa ville natale vers Taïwan. Mais entre des échanges douteux vus par hasard, sa subite et incompréhensible arrestation et des paris étranges effectués dans la résidence médicalisée où vit son père, des zones d’ombre l’envahiront vite… Lin réalisera en sus qu’il ne peut faire confiance à personne.

Basé sur plusieurs faits réels, dont celui arrivé en 2013 à Taichung en Chine, le dramatique « Dead End » dénonce des sortes de paris totalement inconnus en Suisse. Un sujet sociétal traité interpellant beaucoup et existant encore dans ledit pays.

Si quelques incohérences scénaristiques se constatent au sein de « Dead End », notamment par rapport aux intentions du héros, le nouveau long-métrage de Chun-Hao Chan reste brutal et effrayant à chaque décision entreprise.

Présenté en Première Internationale au « NIFFF 2026 » et proposé en vente au marché du film du « Festival de Cannes » cette même année, il faut espérer à la fiction une belle reconnaissance internationale. Ainsi qu’un large déplacement des spectateurs-trices pour le découvrir dans les cinémas afin d’apprécier son efficacité.

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