C’est dans le cadre de cette première édition européenne du CCXP, à Cologne, que le film simplement intitulé « Batman » a bénéficié d’une projection spéciale en l’honneur de ses 30 ans, ainsi que pour célébrer les 80 ans du personnage éponyme. Suivi d’un Q&A avec Michael Uslan (le producteur de la plupart des films et séries animées Batman), c’est dans le magnifique Thunder Theater du Parc des expositions de Cologne (Koelnmesse) que les fans de tout âge ont pu redécouvrir, ou découvrir avec un peu de chance, ce qui est probablement une des plus grandes réussites du réalisateur américain.


MYTHIQUE, MYTHIQUE, MYTHIQUE. En toute honnêteté, l’article pourrait s’arrêter là, tant cet unique mot suffit à décrire le chef d’œuvre qu’est cet opus de Batman, réalisé par Tim Burton en 1989. Aucun autre mot ne peut décrire l’incroyable sensation lorsque l’on voit pour la première fois la silhouette de l’homme chauve-souris apparaître à l’écran. Rien d’autre ne peut donner une idée assez juste de l’incroyable et improbable mélange d’inquiétude, de joie et de fascination que l’on ressent à chaque fois que Jack Napier, en Joker ou non, est présent dans une scène.

Il serait difficile de dire que l’adaptation du comics américain n’a pas vieillie. Au contraire, il est évident que certains effets spéciaux sont quelque peu datés ou que la Batsuit n’est clairement pas la plus impressionnante que l’on ait jamais vue. Cependant, vieillir ne veut pas nécessairement dire partir en ruines et « Batman » a certes pris de l’âge, mais a su trouver une grâce et un charme incroyables que seul le temps sait laisser sur son passage. Ses rides et son décalage avec ses successeurs ne le rendent que plus unique, hors du commun et incontournable.

Si Michael Keaton est aujourd’hui pour certains un des acteurs ayant le mieux revêtit la combinaison de super-héros, il n’en était rien à l’époque. Uniquement connu pour ses rôles comiques comme « Mister Mom » (1983) et « Johnny Dangerously » (1984), Keaton n’était pas un choix particulièrement apprécié, ni par le public, ni par les producteurs. Au contraire, beaucoup pensaient qu’il ne serait pas crédible dans un rôle si sérieux (ce qui est plutôt ironique lorsque l’on regarde sa carrière aujourd’hui), et il n’a été approuvé qu’après que la production ait vu le succès de « Beetlejuice » (Tim Burton, 1988). Une attente qui paraît plutôt étonnante aujourd’hui, car l’on a tendance à oublier que Warner Bros prenait un très gros risque en produisant un film de super-héros : en effet, si aujourd’hui, les films de super-héros sont un synonyme de « ÉNORME rentrée d’argent », il en était tout autrement en 1989. Les comics n’étaient populaires que pour un groupe et un seul groupe uniquement (les amateurs de comics) et produire ce genre de longs-métrages pouvait coûter très cher pour n’avoir au final qu’une très petite exposition…Donc un énorme merci à Warner Bros et à Tim Burton pour avoir pris ce risque, car c’est sans nul doute leurs investissements qui nous permettent aujourd’hui de jouir de spectacles toujours plus extraordinaires sur grand écran.

Jack Nicholson, un nom déjà beaucoup plus établi à l’époque, n’a eu aucun problème à se faire accepter pour le rôle du Joker. Bien au contraire ! L’acteur n’a accepté de se grimer en clown qu’à certaines conditions : un salaire plus élevé qu’initialement prévu, son nom en premier sur l’affiche, un pourcentage des recettes du box-office ainsi que sur les produits dérivés Batman, et un planning de tournage adapté à son mode de vie de l’époque (Nicholson était un gros, très gros fêtard). Quand on voit avec quelle habileté les deux acteurs donnent vie aux personnages, on est plus qu’heureux que Warner Bros ait 1. pris le risque d’engager Keaton et 2. accepté les conditions de Nicholson.

Pour conclure, petit tour d’horizon des passages iconiques qui, rappelleront de vieux souvenirs aux fans de la première heure, et qui donnera peut-être envie à ceux qui ne le connaisse pas d’y jeter un œil : la musique de Danny Elfman (qui n’a pas eu des frissons dès les premières notes !), le jeu de Jack Nicholson et le design de son personnage (fascination pour les méchants, quand tu nous tiens), un Bruce Wayne de seulement 1m75 avec des lunettes qui devient, comme par magie, d’une imposante présence quand il se présente en Batman, LA SCÈNE DU MUSÉE (vous voyez laquelle !!) qui rend inexplicablement joyeux, un peu effrayé et complètement hilare. En bref, du pur Burton dans toute sa beauté effrayante, grotesque et fascinante.


Pour votre amusement personnel (ainsi que le mien), voici la liste des acteurs ayant auditionné pour Batman, même après que Burton ait choisi Keaton :

  • Mel Gibson
  • Kevin Costner
  • Charlie Sheen
  • Pierce Brosnan
  • Sylvestrer Stallone
  • Alec Baldwin
  • Emilio Estevez
  • Jeff Bridges
  • Matthew Broderick
  • Tom Cruise
  • Jeff Goldblum
  • Michael J. Fox
  • Harrison Ford
  • Robert Downey Jr.
  • Kevin Spacey
  • Patrick Swayze
  • Tom Selleck
  • Dennis Quaid
  • Kurt Russell
  • Arnold Schwarzenegger
  • Daniel Day-Lewis
  • Tom Hanks
  • Kevin Kline
  • Bruce Willis
  • Bill Murray

C’est là que l’on voit que les producteurs n’aimaient VRAIMENT pas Keaton, cette liste donne une effroyable impression de « TOUT SAUF MICHAEL KEATON ! »

A propos de l'auteur

Passionnée par l’écriture et le cinéma depuis longtemps, Moïra Farwagi a trouvé au sein de Daily Movies un merveilleux moyen de communiquer ses passions. Des films cultes aux films un peu moins cultes et franchement risibles des années 80, en passant par les comédies, les films de super-héros, les films qui font pleurer et encore un tas d’autres choses, le genre préféré de Moïra peut se résumer par « ce qu’elle aime ».

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