A priori, « Dans la brume » donne l’impression d’une nouvelle version du film « The Mist » sorti en 2008 et basé sur une nouvelle du romancier Stephen King. Si certaines similitudes se décèlent, les effets et l’histoire n’en sont pas moins inattendus.


Peu de temps après l’arrivée de Mathieu à Paris, une étrange brume envahit soudainement la capitale. Perdu face à cette curieuse menace, il se réfugie instinctivement au dernier étage d’un immeuble et constate que ce nuage dense ne dépasse pas une certaine hauteur. Pensant être à l’abri avec sa famille, ils devront faire face à de nouvelles difficultés. Car ils sont privés de nourriture et d’eau sur le court terme. Qui plus est, Mathieu réalise que les secours ne viendront finalement pas. Il décide donc de tenter le tout pour le tout et espère survivre avec les siens en bravant cette menaçante opacité.

Avec son premier long-métrage sur le Vieux-Continent, c’est le multitâche Daniel Roby (scénariste pour la série française « Versailles ») qui fournit un film surprenant et intelligent. Le projet lui fut transmis par le producteur français Nicolas Duval-Adassovsky La Mort de Staline ») qui pensait que le québécois serait intéressé et parfait pour le réaliser. Intrigué par les idées scénaristiques, Daniel Roby accepta assez vite de le mettre en scène. Étonnamment et selon les propos de ce dernier, peu de modifications se firent entre le canevas de base et le tournage. Seuls les caractères des principaux personnages ainsi que leurs défauts ont été plus développés. Mais pour le reste, tout a été laissé tel quel. Ainsi, l’angoisse et le suspens gardent leur intensité.

Malheureusement en France, peu de réalisations horrifiques, gores ou inquiétantes arrivent réellement à attirer un public et surtout à créer une ambiance appropriée. Le premier pays d’Europe a beau être le plus grand producteur et diffuseur dans le milieu cinématographique, au niveau des thèmes susmentionnés, il est en retard. Pourtant, « Dans la brume » reste très étonnant. Peut-être parce que Daniel Roby est québécois, mais peut-être aussi parce qu’il a déjà réalisé quelques œuvres du genre à l’exemple de l’inédit « Peau blanche ».

Le choix du casting amène également beaucoup, car le couple que forme Olga Kurylenko Oblivion ») et Romain Duris (« Tout l’argent du monde ») donnent le sentiment d’être de véritables débrouillards quoiqu’il advienne. Le mélange intergénérationnel avec d’autres personnages, comme Michel Robin (« Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé ») ajoute un point fort indéniable. Quant à la jeune actrice Fantine Harduin (« Les Nouvelles Aventures D’Aladin , elle incarne très bien l’adolescente envahie par différents sentiments envers ses parents.

Étonnamment, le défi technique relevé par l’équipe n’est même pas la reconstitution des logements. Il s’agit plutôt du tournage en continu au sein de cette vapeur condensée, car effectivement dans la plupart des séquences elle était réelle. C’est grâce à ce processus, entre autres, qu’est créé cette atmosphère qui permet aux spectateurs-trices de déceler les éventuelles embûches en même temps que les protagonistes. Ce ne fut d’ailleurs pas une des réalisations les plus reposantes pour les comédiens-iennes, car tourner en continu dans cette ambiance les a fortement éprouvés.

Attention toutefois, « Dans la brume » n’est pas un long-métrage horrifique, mais étouffant au sens propre comme au figuré. Donc les personnes sensibles à ce genre d’atmosphère, pourraient se sentir très vite touchées. Quoiqu’il en soit, l’œuvre cinématographique est nettement plus surprenante qu’au prime abord et le soin apporté à la mise en scène, plaira à un large public.

Dans la brume
FR   –   2018   –   SciFi
Réalisateur: Daniel Roby
Acteur: Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin, Michel Robin
Pathé Films
04.04.2018 au cinéma

Dans la brume : quand la vapeur devient angoissante
4.0Note Finale