Harper est un étudiant en droit légèrement paumé émotionnellement. Sa mère dans le coma, il tient son beau-père pour responsable de ses malheurs. La jeunesse se mêle à la vengeance en trébuchant dans les bas-fonds gentillets de l’humanité. S’en suit un road trip particulier en direction de Las Vegas afin de réaliser un plan machiavélique au nez et à la barbe de tous.

Dans un décor usé d’une Amérique moderne et toujours aussi dépressive, les personnages, eux aussi stéréotypés, se cognent à un scénario et une réalisation atypiques. C’est un film à voir une fois pour avoir la surprise du dénouement, après l’effet ne sera sans doute pas le même. Une bonne idée, d’autant plus que l’ambiance est réchauffée. C’est un défi relevé que de réussir à faire de l’or avec de la bouse. Il n’y a pas de déroulement standard avec ses petits flash backs et sa continuité d’événements. Ici, tout est lancé pêle-mêle et c’est rafraîchissant. Sans parler du frisson et de l’émoi qui existent dans un grand moment de cinéma, le réalisateur parvient tout de même à frôler la perfection. Une histoire parfaite pour initier les nouveaux ados au cinéma noir et dramatique moderne. La fin n’est pas à la hauteur du suspens, présent tout au long du déroulement, tant pis, ils auront essayé. Du côté des décors et de la photographie, par contre une ambiance troublante et étriquée est correctement domptée. Les couleurs offrent un terrain parfait pour ce genre d’intrigue. Tellement que l’on ressent clairement la poussière et la chaleur étouffante qui nous prennent à la gorge comme si elles avaient comme dessein de nous asphyxier. À retenir, les blessures de l’âme des personnages s’avèrent aussi réelles que le but de leur voyage. 

  • Réal. : Christopher Smith
  • Acteurs : Tye Sheridan/Emory Cohen/Bel Powley
  • Distrib. : Bankside Films
DETOUR : jusqu’au bout de l’acte
3.5Note Finale