Aussi surprenant que cela puisse paraître, « En eaux troubles » se base sur le roman de Steve Alten et présente un bon gros Mégalodon dans le rôle principal. Même si le film est plus proche d’un nanar, il se regarde facilement et avec beaucoup d’amusement.


À des milliers de kilomètres du continent asiatique, en plein cœur du Pacifique, une plateforme ressemblant fortement à celles pompant du pétrole, cache un objectif différent. En effet, un riche homme d’affaires a investi plusieurs milliards pour la réhabiliter en un cœur d’observation de la faune marine. Sur place, les scientifiques utilisent des appareillages hautement technologiques leur permettant d’explorer différentes zones encore méconnues pour l’homme. Tout semble se passer comme prévu, jusqu’à cette expédition où un drame arrive et un groupe desdits spécialistes se fait attaquer par un étrange animal. Au cœur de ces profondeurs et suite à différents sauvetages effectués in extremis, Jonas Taylor est le seul professionnel pouvant les libérer de cette terrible menace préhistorique correspondant curieusement à une espèce éteinte… Mégalodon.

Avant de développer les qualités et défauts d’ « En eaux troubles », rien de mieux qu’un petit court d’histoire en lien avec l’Otodus Megaselachus megalodon (plus communément appelé Mégalodon). Hormis le fait que l’espèce s’est éteinte depuis plusieurs millions d’années (entre 20 à 2,7), les avis divergent nettement par rapport à un certain nombre d’hypothèses. Pour beaucoup, il serait l’ancêtre du fameux grand requin blanc et aurait avalé énormément de baleines comme repas durant le paléolithique. Parmi toutes ces hypothèses, il est sûr que leurs dents et mâchoires demeure toujours autant impressionnantes.
Enfin pour une partie des spécialistes, le vertébré existerait toujours et serait enfouit dans les abîmes des océans…

C’est notamment sur ce fait que le livre « MEG : A Novel of Deep Terror » se base pour son fil rouge. Ecrit à la fin des années 90, il aura fallu une vingtaine d’années et de multiples intérêts de majors et réalisateurs (à l’exemple d’Eli Roth) avec pour but de réaliser cette transposition. Ce projet se concrétisera finalement, grâce à John Turteltaub. De nombreuses références aux films du genre sont présentes tout au long de l’histoire. Bien sûr, la saga des « Dents de la mer » en fait partie, mais d’autres restent plus cachées comme celle de « Benjamin Gates ».

Côté casting, le Mégalodon se partage une belle tête d’affiche face à Jason Statham The Expendables 3 ») très en forme. Car avant son métier d’acteur, il était nageur professionnel et avait même participé aux Jeux olympiques en 1990 à Auckland. De ce fait, il donne clairement l’impression d’avoir pris beaucoup de plaisir dans son élément qu’est l’eau avec son personnage de sauveteur-plongeur. Quant à ses collègues, que se soit Ruby Rose (« John Wick 2 »), Cliff Curtis Fear the Walking Dead ») ou Bingbing Li Transformers : L’âge de de l’extinction »), leur performance conviennent tout à fait au genre de la fiction.

Le style principal de ce long-métrage sent bon les années 80 et 90 où le héros affronte une bête féroce et très dangereuse. Heureusement, une certaine évolution se fit au fils des décennies, comme l’importance des actrices qui ne sont plus juste celles à sauver absolument. Au contraire, beaucoup d’entre elles voient leurs rôles évoluer et elles sauvent le monde davantage. Néanmoins, le côté plaisant d’ « En eaux troubles » s’effrite à cause des effets numériques un peu trop bâclés. Son efficacité se situe principalement dans la reconstitution matérielle du monstre.

Quoiqu’il en soit, lorsque les spectateurs-trices iront le voir, il sera impossible d’éviter de s’interroger sur l’origine du Mégalodon. En l’occurrence, serait-il l’échappé de « Jurassic World » ou d’un endroit plus mystérieux encore…

Toujours est-il que le public friand d’action et d’explosions saura l’apprécier, car une suite pourrait voir le jour parce que d’une part, le premier opus a un joli succès au Box-Office à jour, mais surtout plusieurs livres ont été écrit par le romancier. Le dernier de cette franchise datant de 2016. Il restera donc à connaître la décision des studios avant de savoir si un autre gros Mégalon pourrait revenir.

The MEG (En eaux troubles)
USA – 2018 – Action
Réalisateur: Jon Turteltaub
Acteur: Ruby Rose, Jason Statham, Rainn Wilson, Bingbing Li, Olafur Darri Olafsson, Cliff Curtis
20th Fox
22.08.2018 au cinéma

En eaux troubles : la petite bête des profondeurs qui a faim !
4.0Note Finale