La 19e édition du festival s’est achevée hier soir sur un palmarès qui a couronné « Scaffolding » de Matan Yair, ex-aequo avec « Silent Mist » de Miaoyan Zhang pour le Prix de la Critique. Le Prix du Public est revenu aux « Bienheureux » de Sofia Djama. Retour sur les hauts faits de ces 10 jours de voyage cinématographique.


N

ous sommes redescendus des étoiles. Nos rétines reprennent peu à peu leurs dispositions à la lumière naturelle. Au gré de ce parcours avec les astres, certains films ont scintillé plus que d’autres. Celui d’ouverture tout d’abord, le très drôle « Love and Shukla » de Jatla Siddharta, histoire d’un jeune couple en proie à la belle-famille envahissante avec laquelle ils partagent le logis. Très bon aiguilleur, il nous mit sur les rails ascendants. Dans la catégorie « rétroqueer +18 » nous fûmes transportés à travers l’Asie. Tout d’abord dans la Chine de l’élégant « The Night », marivaudage nocturne du réalisateur Zhou Hao. Avant de nous perdre dans la déroutante jungle thaïlandaise de « Tropical Malady », film aux deux narrations du très en vogue Apichatpong Weerasethakul.

SILENT MIST de Miaoyan Zhang (Chine)

Section « Les résistantes », ce fût le Brésil, aux confins avec le Paraguay, qui nous accueillit. « Don’t Swallow My Heart », Roméo et Juliette adolescent aux paysages crépusculaires qui masquent une violence sourde. Ensuite, petit crochet par l’Europe pour la catégorie « Sympathy for Mr. Vengeance ». Plus précisément en Pologne, où Agnieszka Holland nous emmène dans une randonnée sanguinaire guidée par une vieille dame vengeresse des animaux. Il va y avoir du « Spoor » (on n’a pas pu résister à ce très mauvais jeu de mots), à l’esthétique éthérée.

Dans la même catégorie, étape hongkongaise avec le kung-fu « The Brink » de Jonathan Li à la chorégraphie renversante. Nous sommes retournés en Amérique Latine pour la catégorie « Mauvais genre 2018 » avec le « Taekwondo » argentin de Marco Berger et Martin Farina. Un groupe de garçons au bord de la piscine d’une maison de vacances, le rapprochement sentimental puis physique de deux d’entre eux. Enfin, section « Toi aussi mon fils », nous fûmes projetés dans le tourbillon de « How Viktor “the Garlic” Took Alexey “the Stud” to the Nursing Home », film électrique du russe Alexander Hant, histoire d’un fils qui veut se débarrasser de son père en l’emmenant dans une maison de retraite, road trip où rien ne se passe comme prévu. Un bonheur pur.

How Viktor “the Garlic” Took Alexey “the Stud” to the Nursing Home

Le festival peut également se réjouir d’une belle fréquentation, plus de 30’100 personnes. Les projections étaient souvent combles, ce qui a donné lieu à de captivants échanges entre les réalisateurs et le public. Autre force du Black Movie, les tables-rondes et conférences qui ont eu lieu à Fonction : Cinéma, sur des thèmes tels que la possibilité d’une esthétique queer ou la violence faîte aux femmes.

Enfin, on ne pouvait terminer ce compte-rendu sans mentionner l’astéroïde nocturne, temple des nuits blanches, sanctuaire des oiseaux de nuit : Le Xanadu. A ceux qui voulaient poursuivre le voyage stellaire, chanter à tue-tête, danser sur des rythmes endiablés ou simplement patienter chaudement jusqu’au petit jour, il a offert gîte, refuge, abri.

Lauréats de la 19e édition du Festival Black Movie

Le Prix de la Critique 2018 est attribué à deux films, ex-aequo :
SCAFFOLDING de Matan Yair (Isräel)
SILENT MIST de Miaoyan Zhang (Chine)

Le Prix Infomaniak du Public est attribué au film :
LES BIENHEUREUX de Sofia Djama (Algérie)

Le Prix Payot Petit Black Movie est attribué au film :
RUNNING LIGHTS de Gediminas Siaulys (Lituanie)

Le Prix des Jeunes est attribué au film :
MACHINES de Rahul Jain (Inde)

Le Prix des Enfants est attribué aau film :
BARBER’S CUT de Ediz Anavi (Turquie)

www.blackmovie.ch