Des grandes annonces à la projection d’Itinéraire d’un enfant gâté, les 5’000 cinéphiles installés dans cette vertigineuse Halle Tony Garnier ont pu découvrir la simplicité, la générosité et la beauté du festival qui célèbre chaque année le cinéma et ceux qui le font.


Invité d’honneur pour la soirée d’ouverture du 10e Festival Lumière, Claude Lelouch était entouré de nombreux invités, parmi lesquels Jean-Paul Belmondo et Richard Anconina.

En plusieurs clips admirablement réalisés par Thomas Valette, le Festival Lumière présente le déroulement d’une aventure qui dure depuis dix ans. Les témoignages, les images des éditions précédentes et les extraits de films prouvent une nouvelle fois que seul le Festival Lumière est capable de faire dialoguer le classique restauré et le contemporain.

« On ne meurt jamais d’une overdose de rêve »

L’arrivée des invités ne ressemblent à aucune autre. Pas d’élévation. Pas de compétition. Pas de distance. Ils entrent sous les applaudissements de la foule admirative et respectueuse. Certes, le tapis rouge est présent, mais il ne semble qu’indiquer la place des artistes du cinéma qui se trouve au milieu des cinéphiles. Cette entrée en matière n’est que le signe d’une intimité, d’une convivialité et d’une proximité qu’on ne trouve que rarement dans ce genre d’évènement.

Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière et organisateur du festival, ouvre les festivités en conviant sur scène Laurent Gerra, grand ami du festival, qui imita Jean-Paul Belmondo – présent dans la salle -, les regrettés Charles Aznavour, Michel Galadru, Johnny Hallyday ou encore Yves Montand. La salle rit avec une émotion intense. Bertrand Tavernier, également directeur de L’Institut Lumière et organisateur du festival, remplace l’imitateur pour rendre hommage à Oleg Sentsov – réalisateur ukrainien, détenu en Sibérie Occidentale -, ainsi qu’à l’un de ses proches, Pierre Rissient.

La soirée se poursuit avec de courts films de l’époque des frères Lumières sous les commentaires savants de Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux, avant qu’ils ne jettent un regard vers le futur. En effet, les deux complices profitent de la présence des élus de la Mairie de la Métropole, de la ministre de la Culture française, ainsi que des 5’000 personnes pour exposer un « rêve », une « utopie cinéphile ».

Le projet consiste à construire une « Cité du cinéma » où l’on célébrerait le septième art grâce à un musée, une cinémathèque et des lieux d’échanges. Frémaux et Tavernier souhaitent inscrire le cinéma au centre de la vie du citoyen et redonner une place centrale dans le monde du cinéma à celle qui vit naître le cinématographe par l’intermédiaire des frères Lumière. Cette utopie a été imaginée par l’architecte Renzo Piano qui présente une maquette sur laquelle figure des bâtiments à la place des anciennes usines Lumière ( 8e arrondissement ), détruites dans les années 70. Cette annonce est accompagnée d’un moment sans doute unique pour l’ensemble de la salle. Claude Lelouch porte la caméra pour filmer l’intervention de l’architecte, fait un gros plan sur la maquette et offre une magnifique image de Bertrand Tavernier assis à côté de Belmondo. Frémaux achève cette rêverie avec une phrase remplie d’espérance : « c’est une forme d’utopie, mais c’est aussi comme cela qu’avec Bertrand Tavernier on a inventé ce festival… en le rêvant d’abord ».

« C’est le plus beau festival de cinéma du monde »

Invité d’honneur au festival Lumière et de la cérémonie d’ouverture, Claude Lelouch monte sur scène pour parler brièvement de ses cinquante ans de carrière et de son film Itinéraire d’un enfant gâté, également commenté par Anconina et Belmondo qui n’a pas perdu son sens de l’humour. « C’est formidable ».

En évoquant sa vie, Lelouch dévoile qu’il n’est pas prêt d’arrêter et qu’il n’a jamais autant eu envie de faire des films : « J’ai vite compris que le chemin le plus court pour aller jusqu’à mes rêves, c’était le cinéma ». Il finit sa prise de parole en annonçant qu’une suite de son film projeté, avec Anconina et Belmondo, était à l’étude. De quoi surprendre et ravir le coeur des cinéphiles.

La séance s’achève sur la déclaration de l’ouverture du festival par l’ensemble des invités. Mécontent de leur prestation, Thierry Frémaux confia la tâche aux 5’000 personnes avec un enthousiasme vibrant, avant que tous le monde soient recouvert de confettis rouges.

« Nous déclarons Lumière 2018, la 10e édition du festival de cinéma de Lyon et de la métropole de Lyon, OUVERT » !

www.festival-lumiere.org