In The Heights : chansons, canicule et chorégraphie

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Pauline Brandt
Pauline Brandt
Avec un master de français moderne avec spécialisation en études théâtrales, un bachelor en français moderne et histoire et esthétique du cinéma, Pauline Brandt met en œuvre tout son savoir-faire pour promouvoir le cinéma.

In The Heights est l’adaptation à l’écran du show éponyme joué à Broadway. Avec ce film qui en met plein les yeux, piloté par Jon Chu (fort du succès de Crazy Rich Asians) et Lin-Manuel Miranda, assiste-t-on enfin à un exemple convaincant du nouvel âge d’or de la comédie musicale au cinéma ?


On fixe en effet, dans l’histoire du cinéma, l’apparition d’un nouvel âge d’or de la comédie musicale au cinéma à 2014. Il y a de quoi sur l’appellation quand on remarque que la majorité des films musicaux sortis sont, l’un après l’autre, des remakes (Mary Poppins), des adaptations de comédies musicales existantes (Sweeney Todd) ou des suites (Mamma Mia!), au succès parfois fulgurant (A Star Is Born), parfois simplement encore attendu à ce jour (Cats). Certains tirent leur épingle du jeu comme La La Land. Et en 2021, qu’offre In The Heights au milieu de cette vague de films bien inégaux ?

D’abord, l’histoire d’Usnavi, qui s’occupe à la fois d‘un magasin de tabac et de rêver grand. Entre deux cafés et réassorts de rayons, le quartier des Heights s’anime : y gravitent Sonny et Benny, Nina et Vanessa. Ça, c’est pour l’intrigue. Puis ? l’expertise de celui qui connait la scène de Broadway sous tous ses recoins : Lin-Manuel Miranda parvient à aménager l’écran comme une scène de théâtre, empilant effets spéciaux, chorégraphies et exploitant au maximum la profondeur de champ pour y insérer le plus de détails possibles. C’est ce qui fait le charme du spectacle vivant, et ce qui finit par plomber ce film qui dure 2h15 : il y a trop, partout, tout le temps. Car l’écran de cinéma n’est pas une scène : ses possibilités sont différentes. Dans In The Heights, l’écran est saturé en permanence. Des scènes spectaculaires en émergent (l’ouverture du film est aussi celle du magasin d’Usnavi : rythmée), quand d’autres donnent envie de regarder sa montre (la scène finale de Benny et Vanessa).

Si les passages chantés s’insèrent dans la narration avec un naturel magistral, le spectateur doit quant à lui faire un choix : suivre le fil quoique ténu des intrigues quitte à froncer les sourcils parfois, ou se laisser porter par le (long) spectacle. La deuxième option est sans doute à privilégier pour mieux apprécier l’intention première de In The Heights: opérer, dans une continuité de West Side Story, une déclaration d’amour à la communauté latino-américaine et en particulier à celle qui peuple le quartier new-yorkais de Washington Heights. Lin-Manuel Miranda lui-même s’y promène comme vendeur de glace pilée ; sa route croise même celle d’Olga Merediz, unique actrice du film à reprendre à l’écran le rôle qui était le sien à Broadway. Welcome to Washington Heights.

D’où l’on vient (In the Heights)
USA – 2020 – Musical, Romance, Drame
De Jon M. Chu
Avec Lin-Manuel Miranda, Anthony Ramos, Corey Hawkins
Warner Bros
18.08.2021 au cinéma

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