Après le film « Rush » de Ron Howard et son regard sur la rivalité entre deux pilotes de Formule 1 des années 70 (Nika Lauda/James Hunt), un autre combat de géants ayant marqué l’histoire du sport vient d’être adapté au cinéma : le combat entre Bjorn Börg, sextuple vainqueur de Roland Garros, et John McEnroe, l’une des figures les plus charismatiques au sang très chaud ! Janus Metz Pedersen (Love on Delivery 2007) et Sverrir Gudnason (Bjorn Börg) que nous avons eu le plaisir de rencontrer lors du 13e Zurich Film Festival, nous parlent un peu de cette nouvelle aventure cinématographique, très sportive pour la production.

Hier soir (28 septembre 2017), il y a eu une première car votre film à ouvert le 13ème festival du film de Zurich en présence de Roger Federer, une autre icône du tennis, l’avez-vous rencontré à la fin du film ?
Sverrir Gudnason : Oui nous l’avions même déjà rencontré avant.

Et qu’a-t-il dit ? Car il peut beaucoup s’identifier au film.
Janus Metz Pedersen : Oui, c’était assez intéressant car d’abord il a aimé le film et il a pensé que notre tennis était bon et c’est important car on ne peut pas avoir un meilleur gage de qualité que lui (rires). Et c’était intéressant d’apprendre qu’il avait pas mal de soucis en commun avec Bjorn Borg quand il était enfant, il avait du mal à contrôler son tempérament sur le court, il était très émotif jusqu’à ce qu’il rencontre un coach suédois qui lui a appris à contrôler ses émotions et les utiliser de la bonne façon sur le court. Et avec ça, il a gagné consécutivement cinq Wimbledon. Je crois qu’il n’y a que lui et Bjorn Borg qui ont fait ça. Mais surtout, c’est quelqu’un de très terre-à-terre, de sympathique et qui aime parler.

Comment vous êtes-vous impliqué dans ce projet ?
JMP : Par le script qui m’a été envoyé par les producteurs et les scénaristes, il a atterri sur mon bureau. Et j’ai pensé « Bjorn Borg vs McEnroe » mais je ne suis pas suédois, je n’ai pas un intérêt particulier pour le tennis, je ne suis pas américain, pourquoi vouloir faire ce film ? Mais je suis très intéressé par les personnes qui se poussent au-delà de toutes leurs limites à la recherche d’un sentiment particulier de se sentir vivant, d’intensité, de perfection peut-être ou d’une sorte de quête aventureuse et quand j’ai lu les premières pages du script, c’est ce qui en est ressorti. Cette histoire est un drame psychologique qui transcende le monde du tennis. Quand on y pense le monde du tennis, est propice à cette sorte de méditation, car le tennis est un sport de solitaires et d’endurance psychologique. Et il y a cette belle métaphore sur les courts de tennis qui dit que les lignes essaient peut-être de démarquer la frontière entre l’ordre et le chaos. Et pour moi, c’est ça la raison de faire des films, c’est au sujet d’êtres humains, de pourquoi sommes-nous là et toute l’absence de sens ou la quête d’un sens… c’est profondément hanté et cette histoire est profondément hantée.

Quel était votre plus grand challenge quand on vous a offert le rôle, étais-ce d’interpréter une légende ou d’apprendre à jouer au tennis, car hier vous avez dit que vous n’aviez jamais joué avant.
SG : Je dirais que c’était d’interpréter une icône qui en plus était un joueur de tennis. C’est les deux enfaite. J’ai commencé par la partie physique, j’ai immédiatement commencé à jouer au tennis pendant environ 7 mois, deux heures par jour avec un coach. J’ai changé mon régime, j’ai fait appel à un coach personnel juste pour avoir la discipline d’un sportif et ça m’a aussi aidé à trouver les clés psychologiques pour rentrer dans le rôle de Bjorn Borg. Et interpréter une icône, une légende ou comme on l’appelle le héros suédois, bien sûr ça fait peur parce que les gens vont te juger sur comment tu joues, mais c’était trop intéressant pour refuser.

J’ai une question technique en tant que joueuse de tennis. Vous avez appris à jouer avec des raquettes de tennis en bois ?
SG : Le premier moi j’ai joué avec des raquettes modernes et ensuite je suis passé à la Donnay Bjorn Borg 1980 et j’ai gardé ça pour la suite. J’ai joué avec une raquette en bois et j’ai appris son style de tennis donc quand je joue au tennis maintenant, je suis toujours coincé avec son revers. (rires)

Le fils de Bjorn Borg joue dans le film, comment cela est-il arrivé ?
JMP : Nous avions ouvert le casting pour trouver un jeune homme de 12 à 14ans qui savait jouer au tennis et nous avons été approchés par Leo Borg, dont on savait bien qu’il était le meilleur joueur de tennis de suède dans sa catégorie d’âge et surtout que c’est le fils de Bjorn Borg. J’ai eu immédiatement peur en pensant que Bjorn Borg voulait contrôler le film. Mais blague à part les performances de Leo ne mentent pas, c’est le sang de Bjorn Borg directement dans le film et on ne peut pas acheter ça, ça amène une incroyable authenticité au rôle. Une fois qu’on a réalisé qu’il était si bon, nous avons eu une conversation avec la famille Borg concluant que l’équipe allait travailler avec lui au même niveau qu’avec les autres acteurs. Ils nous ont beaucoup soutenus et encouragés sur le projet et c’était aussi le projet de Léo. Et évidemment ça m’a donné une belle opportunité de discuter avec Bjorn sur sa vie donc c’est devenu une belle chose pour le film.

D’un point de vue technique, tourner le match final étais-ce difficile pour vous ? Parce que c’est les mêmes prises qui vont et viennent.
JMP : C’était surtout difficile pour nos caméramans qui devaient aller et venir en courant à la même vitesse que la balle (rires). Il faut répartir en sections et il y a une stratégie de comment tourner, nous avons traité ça comme une scène d’action. Mais ça a été le plus grand défi technique et logistique du film. Surtout, pour que tout le monde soit en forme et le fait d’avoir un système autour pour recréer les moments d’actions du vrai match avec de vrais joueurs de tennis qui servaient de doublure et certaines des balles que vous voyez sont travaillées à l’ordinateur. C’était un énorme travail pour que tout soit parfait et juste et il fallait que ce soit juste, car même si faire des films, c’est au sujet des humains et des relations et de la psychologie et autre, quand tu fais un film au sujet de deux des meilleurs joueurs du monde, tu as intérêt à ce que le tennis soit juste sinon le film ne marche pas. J’aime à penser que nous avons fait le premier vrai film de tennis.

Vous l’avez fait, j’ai joué au tennis pendant longtemps et je peux vous dire que vous l’avez fait.
JMP : Merci !

Jouez-vous toujours au tennis ou vous en êtes dégouté ?
SG : Non, je joue de temps en temps. La dernière fois que j’ai joué à Stockholm, il y avait une foule à la cafétéria et les gens disaient « c’est le gars qui joue Borg » donc je dois trouver un autre court.

Borg Vs McEnroe (Borg/McEnroe)
Danois, Suédois, Finlandais   –   2017   –   89 Min.   –   Biopic
Réalisateur: Janus Metz Pedersen
Acteur: Shia LaBeouf, Sverrir Gudnason, Stellan Skarsgård
Ascot Elite
le 08.11.2017 au cinéma

 

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