L’acteur américain Matt Dillon est venu compléter le casting des invités aux Rencontres 7ème Art à Lausanne. Entretien bref, mais pour le moins enrichissant.


Bonjour Matt Dillon ! Vous êtes à Lausanne ces jours pour les Rencontres 7ème Art. Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce festival ?
Quand j’ai rencontré Vincent Perez pour la première fois, nous nous sommes tout de suite bien entendu. Et je trouve ce festival génial. De grands noms du cinéma se retrouvent ici ; Paul Auster et Joel Coen, pour ne citer qu’eux. J’aime beaucoup ce genre d’événement où l’on parle vraiment de cinéma et de réalisation de films. On est loin de l’univers du show business, ça me plaît.

Dans un de vos derniers films, « The House that Jack Built » (2018) de Lars Von Trier, vous jouez aux côtés d’un acteur de chez nous, le Suisse-allemand Bruno Ganz, décédé en février dernier. Quel souvenir gardez-vous de lui sur le tournage ?
Bruno Ganz a toujours été un de mes acteurs préférés, depuis que je l’ai vu dans « L’Echiquier de la passion » (Wolfgang Petersen, 1978). Il était très courageux comme acteur. Et puis, il avait quelque chose de spécial. J’ai aimé travailler avec lui.

Vous avez beaucoup aimé interpréter ce tueur en série psychopathe pour Lars von Trier, pas vrai ?
Oui et non. Car ce n’était pas un rôle facile. Après tout, vous ne pouvez pas incarner pire comme personnage à l’écran. Mais on était une bonne équipe et certaines scènes étaient tellement bien écrites, que j’ai eu du plaisir à les jouer.

« J’essaie toujours de voir ce que je peux, de par ma propre expérience de vie, amener aux personnages que j’incarne à l’écran.« 

D’ailleurs, comment on se prépare psychologiquement à incarner un tel rôle ?
Je devais me préparer à avoir la mentalité de quelqu’un dénué de toute empathie, quelqu’un qui n’a absolument aucun remords, même lorsqu’il commet des atrocités. C’était donc difficile pour moi, à priori, je ne ressemblais en rien au personnage de Jack. Mais finalement, ce film n’est pas que l’histoire d’un tueur en série. C’est avant tout une œuvre d’art signée Lars von Trier. J’aime sa façon de réaliser. Il n’a pas peur d’expérimenter et de tester de nouvelles choses sur un tournage. Et puis, il réalise un tour de force, car au lieu de parler d’un serial killer en pointant du doigt sa différence, Lars démontre justement aux spectateurs combien le personnage de Jack peut leur ressembler sur certains aspects.

Mais vous avez pourtant l’habitude d’incarner des méchants au cinéma. Dans un de vos tout premiers films, « Outsiders » (Francis Ford Coppola, 1983), vous étiez déjà un bad boy. A-t-il été difficile pour vous de casser cette image à laquelle on vous associe si souvent ?
En fait, je n’ai jamais cherché à créer cette image de moi-même. J’essaie toujours de voir ce que je peux, de par ma propre expérience de vie, amener aux personnages que j’incarne à l’écran. C’est ainsi que j’appréhende mes rôles.

Vous avez récemment terminé le tournage de « Fonzo » de Josh Trank, dont la sortie est prévue dans le courant de l’année. Que pouvez-vous nous dire sur votre personnage et sur le récit en général ?
Je partage l’affiche avec Tom Hardy, un excellent acteur d’ailleurs. Il y interprète Al Capone et moi, je joue son meilleur ami, Johnny. Sachant le gangster américain très malade, il décide de lui rendre visite. La dynamique entre les deux personnages est intéressante, car on découvre au fil du récit que ces derniers partagent autre chose en commun dans cette relation. C’était vraiment un rôle intéressant à jouer pour moi. Un film intéressant.

[Interview réalisée en collaboration avec Laurent Billeter et Baka News Network]

A propos de l'auteur

Amoureux du film « American Gigolo », ses parents la prénomme en hommage à l'actrice Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, plus tard, comment rester indifférente face au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep prolonge sa culture en menant des études universitaires de cinéma. Omniprésent, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme. Preuve indélébile de sa passion, celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : « L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall ! ». Ça fait classe ! ;)

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