2026 s’avère être une année assez riche en bonnes surprises au niveau du 7e Art, et « Le Virtuose » réalisé par Daniel Roher en est un autre bel exemple. Si sa trame commence plutôt basiquement, un virage assez inattendu change positivement le ton.

Niki et Henry forment un duo original en qualité d’… Accordeurs de pianos à domicile. A priori, tous les séparent. Niki est jeune et semble ne pas apprécier le contact social notamment au travers de ses écouteurs assez bizarres. Henry lui, se fait vieux et a tendance à s’endormir même pendant son travail. Mais leur excellente entente prévaut sur tout environnement à découvrir et à investiguer. Un jour durant une réparation et exceptionnellement seul, Niki acceptera sans réellement réaliser, de soutenir des cambrioleurs. Le danger va alors le guetter, empirer. Parallèlement, son ouïe exceptionnelle lui servira et desservira pour de multiples raisons… Car chaque acte amène (beaucoup) de conséquences.
Auréolé de plusieurs prix en 2022 au sein de prestigieux festivals de films comme les « BAFTA Award » pour son documentaire inédit en Suisse « Navalny », le cinéaste Daniel Roher a choisi une fiction intelligente comme nouveau projet.
Ainsi, le long-métrage aborde à la fois des sujets délicats, mais aussi authentiques. Du blocage créatif à la remise en question de soi, le côté virtuose et les problématiques sonores, sont filmé-e-s avec une juste proportion.
Si ces idées se développent progressivement, elles sont surtout magnifiquement transposées par Leo Woodall (« Nuremberg »), Havana Rose Liu (« L’I.A. du mal »), Dustin Hoffman (« Megalopolis ») ou encore Lior Raz (« Gladiator II »).

Chacun de leur personnage a une importance nécessaire. Et la plupart des décisions choisies spontanément ou réfléchies, amèneront un effet papillon adroitement développé dans « Le Virtuose ».
Mais le cœur de ce long-métrage, se situe bel et bien au niveau du son. Si les aspects dramatiques, humoristiques et le suspense prennent forme, l’esthétique sonore reste le sujet étroitement élaboré.
Afin d’imprégner et surtout, d’immerger au mieux les spectateurs-trices au travers de ces principes, le monteur son Johnnie Burn (« Bugonia ») a créé un rendu auditif sublime, profond et intime. Les différents bruits utilisés, étouffés ou augmentés par rapport à l’intrigue, s’avèrent au final être presque comme un véritable personnage.

Musicalement, « Le Virtuose » contient également de belles notes. Du jazz au concerto en passant par les accords pour la réparation des pianos, les mélodies amènent souvent des intentions adaptées aux scènes.
En amont du tournage, les acteurs-trices jouant d’une manière ou d’une autre du piano, ont beaucoup travaillé et appris les notes et morceaux. Afin d’interpréter avec réalisme, les morceaux joués face aux caméras.
Quant aux différents liens entre les arrangements desdits instruments de musique et les vols avec effraction, il est recommandé d’aller voir la fiction au cinéma pour les comprendre. Car leurs couplages s’avèrent assez subtiles, mais pertinents.

Méritant d’être visionné dans les cinémas, « Le Virtuose » s’adresse à un large public. Autant aux gens dérangés par les bruits, que les ceux-celles appréciant beaucoup les mélodies rythmées.
Quant aux personnes vivant avec la « super-ouïe », l’hyperacousie, elles se sentiront concernées par ce film et peut-être même, mieux valorisée (sauf pour les vols).





Le Virtuose
USA – CAN – 2026
Durée: 1h49 min
Suspense, Drame
Réalisateur: Daniel Roher
Avec: Leo Woodall, Dustin Hoffman, Havana Rose Liu, Tovah Feldshuh, Lior Raz, Jean Reno
Elite Film
27.05.2026 au cinéma



