Les 8 salopards

Plus de trois ans après « Django Unchained », le réalisateur américain nous offre un nouveau western pour son huitième et antépénultième long-métrage.


Chaque nouveau film de Quentin Tarantino est un événement. Le fantasque réalisateur du Tennessee l’a annoncé : il ne fera que dix films dans sa carrière. Autant dire que cette date fatidique approche puisque vient maintenant son huitième projet, un western à huis clos. Hémoglobine à foison, culot dans la réalisation, personnages non manichéens, ce nouveau film marche résolument sur les traces des différentes réalisations du bonhomme.

Les 8 salopards

Lors d’une violente tempête de neige, deux chasseurs de prime, une prisonnière et un étrange personnage font route commune. Lorsque la nuit tombe et que le temps se dégrade encore, ils sont contraints de stopper dans une halte de voyageurs. Ils y rencontrent quatre autres cow-boys, savourant un repos bien mérité.

Les 8 salopards

Huit personnes dans une maison esseulée, chacune son passé, ses motivations et ses raisons de se trouver ici. Mais chacun est surtout un « salopard » à sa façon : bandit, bourreau, chasseur de prime, ils ont tous une bonne raison de faire partie de cette définition. Le petit hic : l’auberge va voir de multiples trahisons et un des fameux personnages révéler qu’il n’est pas vraiment celui qu’il prétend être. Tous vont vouloir sauver leur peau et tenter de résoudre ce mystère.

Les 8 salopards

Comme tout bon huis clos, la tension est à son maximum, dans cette « aire de repos » pour diligence. Bien que le film s’ouvre sur une partie introductive pianissimo, le suspense monte crescendo. La force du scénario réside dans les enjeux. Tout (ou presque) est posé en amont et le spectateur peut se laisser porter par la tension exceptionnelle de la situation. L’écriture tient également toutes ses promesses et malgré quelques petites longueurs en début de film, le tempo est géré d’une main de maître.

Les 8 salopards

Une autre réussite du métrage est son casting. Porté par Samuel L. Jackson, dans un de ses meilleurs rôles qui pourrait bien lui rapporter un Oscar, le film ne s’arrête pas là. Kurt Russell, Walton Goggins ou encore Tim Roth sont tous plus excellents les uns que les autres. La réalisation est également de haute volée, très intelligente pour nous présenter les faits et suivre l’enquête aux côtés de nos (anti)héros.

Certains y verront une absence de renouvellement du cinéma de Tarantino, un manque de remise en question qui le ferait se perdre dans son cinéma. L’Américain se lance dans du connu, il en maîtrise toutes les ficelles. Pourtant, tout est réuni pour un grand film qui se place comme un concurrent sérieux aux Oscars 2015 et permettra d’ouvrir la saison 2016 de la plus gore des manières.


THE HATEFUL EIGHT – Trailer HD par TheDailyMovies

Les 8 salopards

Les 8 salopards
( The Hateful Eight )
De Quentin Tarantino
Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Tim Roth
Ascot Elite
Sortie le 06/01