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Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire est un film bâtard, car autant pensé pour les fans de la première heure que pour un nouveau public plus contemporain. Voulant ainsi atteindre deux cibles, le film n’en atteint malheureusement aucune…

Pourtant, ça s’annonçait plutôt bien : Kurumada, créateur du manga original, est aux commandes de cette nouvelle adaptation ; le récit reprend l’arc originel et le plus populaire de la saga ; les producteurs de la nouvelle mouture d’Albator ont mis les bouchées doubles pour les effets spéciaux, etc. Alors oui, les chevaliers ont maintenant des piercings, roulent en moto et portent des jeans taille basse. Mais bon, ce ne sont que détails, contrairement à ce qu’argumentent les puristes, qui ne s’en sont apparemment toujours pas remis. Car le gros point noir du film se trouve ailleurs, lié sans surprise au scénario et à l’écriture des personnages.

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En effet, qui a eu la bonne idée de condenser une histoire de 26h00 en 01h33 ? 02h00-02h15, on aurait moins râler. Mais bon… Alors bien-sûr, plusieurs passages entiers ont été coupés : normal ! Mais même les évènements sélectionnés ne peuvent décemment pas entrer dans une case de 90 minutes. Surtout quand les scénaristes décident de faire une introduction d’une demi-heure (1/3 du film donc) ennuyeuse à souhait et à l’humour souvent ridicule. Pour l’heure restante, il ne reste plus qu’à Seiya et ses potes de battre douze Chevaliers d’Or (tous plus fort qu’eux), tout en renversant le Pope, pour enfin remettre la vraie Athena sur le trône du Sanctuaire. Vont-ils réussire ? Toute la tension réside là. Wahou, quel suspens ! Même un enfant de cinq ans qui n’aurait pas vu la série originale devinerait sans mal l’issue de ce nœud dramatique insoutenable.

Les combats sont donc envoyés en 4 minutes chacun, montre en main, et l’adversité entre les protagonistes n’existe tout simplement pas. On assiste même à des séquences plutôt ridicules, dignes d’un bon navet : Death Mask (Cancer) qui chante comme dans un Disney, Aldebaran (Taureau) qui préfère finir son steak plutôt que de se battre, j’en passe et des meilleurs… Bref, Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire (rhhaaa.. ce titre !) est une véritable débâcle scénaristique, comme en a rarement connu le cinéma d’animation japonais (même l’ignoble Dragon Ball Z – Battle of Gods était mieux écrit). Mais…

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Mais l’aspect visuel du film le sauve entièrement. Malgré quelques expressions faciales encore à travailler, l’animation est tout simplement sublime. Les images sont à couper le souffle ! Les textures, les couleurs, l’utilisation des lumières : tout est parfait. On a l’impression d’avoir pris le buvard de LSD le plus fort au monde, tellement l’immersion visuelle est aboutie et impressionnante. Le montage des séquences de combats (aussi brèves soient-elles) est lui aussi maîtrisé de bout en bout. Tout va si vite qu’on a à peine le temps de voir les choses, qu’elles sont déjà passées. Mais malgré cette frénésie, la géo-localisation des combattants reste évidente et claire, ce qui est étonnant pour un film si resserré. On sent donc la dose massive de travail technique apporté au film, qui heureusement se voit à l’écran. Et ce n’est pas peu dire, c’est renversant !

Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire nous offre donc une expérience visuelle sans pareille, malheureusement entachée par un manque d’enjeux et d’empathie flagrant, provoquant un ennui grandissant, tout au long du film. Mais bon, revoir tout ces petits gars dans leurs belles armures scintillantes, ça fait toujours plaisir, non ?

Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire
De Keiichi Sato
Avec Kaito Ishikawa, Ayaka Sasaki
Wild Bunch

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