Adapté de la bande-dessinée « Les Vieux fourneaux », la réalisation de Christophe Duthuron donne l’impression d’être une pure comédie. Pourtant, un drame se cache dans le cœur des vieux de la vieille et celui-ci a déjà créé des conséquences insoupçonnées.


Pierrot, Emile et Antoine ont plus de 70 balais, mais cela ne les empêche pas d’avoir fait les 400 coups et d’être toujours en pleine forme. Pour différentes raisons, cela faisait longtemps que le trio ne s’était pas revu et malheureusement la raison de leur réunion est une triste cause. Lucette, la femme d’Antoine, est récemment décédée et comme toujours en cas de coup dur, ils restent solidaires. Mais ces sentiments fraternels se transforment vite en une colère noire du côté d’Antoine suite à la lecture d’une lettre lui faisant oublier instantanément toute bonne conduite. Sans aucune autre explication, il part troublé et en furie en Toscane pour régler quelque chose lui semblant capital. Pierrot, Emile (surnommé Mimile) et Sophie, essaient de le rattraper du mieux possible dès qu’ils s’aperçoivent de son absence. De plus, Sophie la petite fille d’Antoine, va mener une enquête en parallèle la menant à des méfaits commis 50 ans auparavant et en lien avec la rage de son grand-papa.

Derrière les caméras, c’est le metteur en scène du décevant « Brice 3 » qui change de registre et s’intéresse non seulement au 3ème âge, mais aussi à une bande-dessinée peu connue en Suisse romande : « Les Vieux Fourneaux ». Editée pour la première fois en 2014, la transposition cinématographique a repris les 3 septuagénaires et leurs mésaventures dans les grandes lignes, tout en les respectant au mieux.

Cette considération se perçoit, notamment, au niveau du casting qui se dote d’une très belle distribution avec notamment Pierre Richard Le Petit Spirou »), Eddie Mitchell (« Salaud, on t’aime ») et Roland Giraud La Deuxième étoile »). Même si le choix demeure majoritairement masculin, logique par rapport aux histoires dessinées, le premier rôle féminin joué par Alice Pol RAID Dingue ») est tout autant efficace et bien interprété. Certes, les vieux ont plus d’un tour dans leurs besaces et davantage de secrets cachés volontairement dans leur mémoire que la jeune femme. Néanmoins, celle-ci a également beaucoup de répondant, de culot et ne se gênera pas de percer leurs mystères à jour.

En sus des performances du casting, différents éléments font des « Vieux fourneaux » une bonne comédie, avec la pointe dramatique idéalement associée. Ainsi, la composition musicale établie par le metteur en scène et Yannick Hugnet apporte un rythme indissociable avec les vieux « schnoques » casse-cou. Bien qu’une partie des titres soient déjà connus du grand public, leur disposition rend l’intrigue encore plus intéressante et cocasse. Mais surtout, le genre musical est propre à une certaine évolution en parallèle à l’histoire. À la fois nostalgique et mélancolique selon les séquences, les choix pour les morceaux restent judicieux jusqu’à la fin du périple.

Vachard, drôle, parfois surprenant et agressif, il est probable que les connaisseurs-euses des bande-dessinées apprécient davantage cette transposition par rapport à d’autres adaptations. Car même si la BD n’est pas honorée à la bulle près, les années 70, décors et héros-ïne principaux-ale sont façonné-e-s avec réussite, notamment grâce à la magie du cinéma. La transformation notoire et la plus complexe s’appliquait à Eddie Mitchell. En effet, à la base, son personnage est un petit gros dégarni. Cependant, l’équipe technique a rapidement réalisé qu’il n’était pas nécessaire de procéder à ce changement tout simplement parce que ledit comédien incarnait son rôle avec aisance sans modification physique.

Comme précédemment mentionné, « Les Vieux fourneaux » se conceptualise depuis seulement 4 ans. Mais il faut espérer que le long-métrage homonyme remportera un succès mérité et plaira à de nombreux-euses spectateurs-trices.

En conclusion, ce divertissement reste une comédie laissant la possibilité à des acteurs plus âgés d’interpréter des rôles différemment, et parfois d’une manière inattendue.

Les Vieux Fourneaux
FR   –   2018   –   Comedy
Réalisateur: Christophe Duthuron
Acteur: Pierre Richard, Eddy Mitchell, Roland Giraud, Alice Pol, Henri Guybet, Myriam Boyer, Méliane Marcaggi
JMH
22.08.2018 au cinéma

"Les Vieux fourneaux" : quand le passé réveille les vieux fossiles
4.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Articles similaires