4f721c72_ricki-and-the-flash-DF-00539_rv2_ext_cp_rgb.xxxlarge_2x

La Piazza Grande a vibré mercredi soir sur les riffs rock’n’roll de Meryl Streep qui ont lancé l’édition 2015 du Festival del Film Locarno.


C’est en musique que s’est ouverte la 68ème édition du Festival del Film Locarno, avec Ricki and the Flash, le dernier film de Jonathan Demme, à qui l’on doit une carrière aussi éclectique que fascinante. La filmographie du cinéaste américain s’articule en effet autant autour d’œuvres cultes du cinéma d’exploitation (Caged Heat) que de films qui, avec le temps, sont devenus des classiques immanquables du 7ème art (Le Silence des Agneaux, Philadelphia).

Ricki and the Flesh dresse le portrait d’une mère rock-star ayant peu participé à l’éducation de ses enfants et qui retourne au berceau familial afin d’aider sa fille sur le point de divorcer. Le passé rattrape vite Ricki qui se retrouve confrontée à d’autres conflits… Sept ans après Rachel Getting Married – un drame noir aux frontières du « dogme » , Demme poursuit son exploration des thématiques familiales en dépeignant cette famille rafistolée et meurtrie suite à la séparation des parents. Les tensions mettent peu de temps avant d’exploser, au cours de scènes de joutes verbales et de reproches où aucune prescription n’est de mise.

ricki-and-the-flash

Dans le rôle de Ricki, Meryl Streep livre une performance mémorable et bien que l’actrice flirte régulièrement avec le cabotinage elle n’y sombre jamais vraiment. Les autres acteurs – dont le trop rare Kevin Kline – surfent sur la même tendance, même si certains d’entre eux sombrent parfois dans le sur-jeu. Il est toutefois parfaitement imaginable de déduire que ces excès sont dus au scénario, signé Diablo Cody (Juno), puisque ce dernier vire progressivement dans la surenchère émotive.

La joyeuse excentricité qui domine la première partie du film se fait ainsi submerger par une écriture de moins en moins fine qui confirme les craintes que pouvaient avoir certains spectateurs. Tous les rapports entre les personnages virent tristement au grand méli-mélo sentimentaliste et affichent les grosses ficelles qui sous-tendent le long-métrage.

On appréciera néanmoins la mise en scène de Demme qui a le mérite de laisser le temps aux acteurs et aux chansons d’exister, usant de beaux travellings pour souligner certaines réactions des personnages. Au final, Ricki and the Flash possède un charme effectif mais fatigue par son manque de finesse et sa dernière partie qui transpire les bons sentiments.

www.pardo.ch

A propos de l'auteur

Articles similaires