De « Lucy » je ne vous parlerai pas. Trop d’encre et de larmes ont déjà coulé. Trop de billets verts ont été gaspillés.


Le Cas « Lucy », lui, est bien plus intéressant, car il reflète une certaine tendance du cinéma mondialisé, à régresser et à entraîner avec lui ses spectateurs vers l’ignorance et la bêtise.

Nous le savons déjà tous, un pan entier du 7ème art vend régulièrement au business le peu d’art qui lui reste. Mais le business sait qu’il a besoin d’un minimum d’art pour survivre. Dans cette dynamique bâtarde, le Cas « Lucy » fait pourtant figure d’inédit, car il efface sans vergogne toute trace d’intelligence, de respect et de savoir-faire, tout en mordant la main qui le nourrit : les spectateurs. Je me suis senti, pour la première fois, agressé gratuitement et personnellement par un film.

Comment expliquer alors le succès sans précédent de « Lucy », ainsi que les diverses mentions de « chef-d’œuvre », balancées çà et là ? Soit il s’agit du plus grand malentendu de l’Histoire du Cinéma, soit les goûts du public ont été tellement formatés, qu’il accepte désormais toute forme de bêtise, même la plus abyssale, du moment qu’elle est à la mode. La réponse est malheureusement évidente…

« Lucy » est une honte cinématographique, un néant créatif sans pareil. Il y a ici plus de victimes que de bourreaux, mais aussi et surtout un état de fait désastreux pour la qualité et l’originalité du cinéma populaire, qui privilégie la bêtise et l’ignorance, à la beauté et à l’émotion. Et le public suit.

Mes larmes coulaient déjà pour le cinéma, mais « Lucy » a réussi à transformer leur sel en sang.

Lucy
De Luc Besson
Avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman…
Universal