Présenté au Festival de Locarno dans la section : Open Doors Screenings, ce film met en parallèle deux histoires ; celui de Wahid, un chef de gare dans une petite ville du Pakistan, et celle de son fils, à Karashi. Ceux-ci se retrouvent lors des obsèques de la femme de Wahid.


La première histoire, s’insère dans un contexte plus global, celui du démantèlement d’un réseau de chemin de fer au Pakistan, transformant une région prospère en villes fantômes, au profit d’une petite mafia locale. Celle-ci revend au prix du métal les coûteuses installations publiques, privant les habitants de ce moyen de transport sûr, rapide et moderne. Wahid et sa femme vivent pauvrement, tandis que le frère de celui-ci s’enrichit au détriment de la compagnie ferroviaire. Wahid, malgré son intégrité, est lui aussi tenté par l’argent facile qui améliorerait sa vie. Épuisée, la femme de Wahid meurt, laissant celui-ci seul face à un passé marqué par le suicide de sa mère, et des décisions à prendre qui seront lourdes de conséquences pour l’avenir.

Inspirée par une situation tout à fait réelle, cette partie met en scène des hommes fiers et farouches, ou au contraire retors et corrompus. Mais dans tous les cas, ils sont hauts en couleur locale, moustachus et sourcilus à souhait. Les lieux désolés et délabrés aux confins du Pakistan créent un décor pour des images splendides. Cette magnifique photographie en couleur se surpasse lorsque les souvenirs du passé surgissent, dans des images en noir et blanc absolument sublimes.

Malheureusement, le tout est grevé par la deuxième histoire, celle du fils, qui s’adonne à la fabrication de faux diplômes à Karahi. Celui-ci, offre par contraste une photographie moins intéressante, un jeu d’acteur trop excessif et des passages inutilement mélodramatiques. À cela, viennent s’ajouter des scènes à la musique omniprésente, qui entrecoupent le film de clips dignes de MTV, avec des scènes et des ralentis kitsch à souhait. Ces faiblesses sont d’autant plus dommage dans ce film au noyau si intègre, esthétique et engagé.

Moor
Pakistan – 2015 – Drama
Réalisateur: Jamshed Mahmood Raza
Acteur: Joshinder Chaggar, Nayyar Ejaz, Sonia Hussain

Moor : des rails entre le passé et le présent, corruption et intégrité.
2.5Note Finale