Dernier jour du tout nouveau festival « Rencontres 7ème Art Lausanne » avec un programme riche et varié. Pour ma part, j’ai visionné notamment l’excellent « Good Morning, Vietnam » une fois encore. Sauf que ce coup-ci, et pour changer, je l’ai revu sur grand écran.


La radio des forces armées américaines restent très souvent morne et inintéressante au Vietnam. Un des principaux dirigeants de cette dernière, le général Taylor, a eu écho du fou et irrévérencieux commentateur et DJ Adrian Cronauer. Dans l’espoir de remonter le moral de toutes les troupes sur le terrain, le général décida de le faire venir afin d’agrémenter et de mieux soutenir les militaires. Sauf qu’il ne s’attendait pas à ce que le présentateur se fasse autant remarquer et connaisse un tel succès.

Lorsqu’on pense au réalisateur américain Barry Levinson, il est presque impossible de ne pas faire une parallèle avec son incroyable « Good Morning, Vietnam ». D’ailleurs, le cinéaste est le premier à avoir osé filmer la vie du peuple vietnamien après la guerre. Même s’il est encore difficile d’imaginer comme l’équipe technique a obtenu tous les droits afin de tourner dans les lieux choisis pour le long-métrage, ceux-ci restent toujours impressionnants de par leur réalisme. C’est toutefois au travers de cette magnifique fiction que la magie du cinéma opère. En effet, la plupart des séquences ont été filmées à Bangkok et seuls les moments dans le village se sont faits en Thaïlande. Cependant, un problème s’est rapidement présenté à l’équipe technique, entre autres à Phuket à cause de la conduite automobile qui se fait à gauche. Alors qu’au Vietnam tout est inversé, c’est-à-dire par la droite. Ils ont donc dû bloquer plusieurs axes routiers importants afin d’éviter un énorme faux-raccord.

« Good Morning, Vietnam » n’est pas qu’une pure fiction. En effet, le scénariste Mitch Markowitz, qui s’était impliqué dans le 7ème Art très peu de temps, s’est inspiré de la vie du véritable Adrian Cronauer. Évidemment, l’histoire est « hollywoodisée » et bien des faits sont inexactes. Ainsi, l’animateur n’a jamais eu d’ami tel que celui du film et il n’est jamais allé se perdre dans la jungle. Mais ces rajouts, tout comme l’extraordinaire improvisation de Robin Williams, ont su être très appréciés par les critiques et le public. C’est pourquoi, il reçut un Golden Globe en 1988 pour sa performance. De plus, « Good Morning, Vietnam » n’aurait pu être égalé sans l’excellente composition de feu Alex North Viva Zapata ! »). Car plusieurs titres, toujours intemporels, avaient été minutieusement choisis pour les différentes scènes du long-métrage. Ainsi, « What a Wonderful Word » de Louis Armstrong est de nos jours indissociables, car le morceau représente un opposé entre les images et les paroles encore troublant, voire choquant.

Mais « Good Morning, Vietnam » ne serait effectivement rien sans Robin Williams qui s’est investi corps et âme. Son talent, déjà prouvé antérieurement, se renforce à chaque instant avec son personnage. Ses différentes intonations, changements rapides de voix et gestuelles face aux caméras démontrent l’immense prouesse du regretté comédien. Aujourd’hui, il est impossible de ne pas songer à lui sans éprouver un sentiment de tristesse, de regret suite à sa disparition en 2014. Mais il aura réussi à faire rêver, impressionner et amuser plusieurs générations durant sa brillante carrière. Que se soit au travers de ses films sérieux, comme « Photo obsession » ou plus tragi-comique comme « Good Morning, Vietnam » justement.

Bien que cette œuvre cinématographique s’adresse à un large public, certaines scènes contiennent un degré de violence. Barry Levinson a beau s’être plus intéressé davantage à Adrian Cronauer, il n’a pas oublié les atrocités de cette guerre et a reconstitué quelques séquences avec la dose d’hémoglobine toujours appropriée.

« Good Morning, Vietnam » fut et reste, mémorable, car pour toutes les personnes l’ayant vu au travers des différents moyens visuels possibles (DVD, BR, etc.), beaucoup de gens pensent toujours au fameux « Ggggggggggggggoooooooooooooooodddddddddddddddddddd Mmmmmmmmmmooooooooooorrrrrrrrrrrnnnnnnnnnnnnnnniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnn Vvvvvvvvvvvviiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeeeetttttttttttttttnnnnnnnnnnnnnnnnaaaaaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmm ».

Good Morning, Vietnam
USA – 1988 – 2h01mn
Comédie, Drame, Guerre
De Barry Levinson
Avec Robin Williams, Forest Whitaker, Tung Thanh Tran

[R7al 2018] Good Morning, Vietnam : le contre-courant sur cette horrible guerre
10Note Finale