Vous pensiez que l’âge d’or des slashers était derrière nous? Et vous avez probablement raison ! Pourtant, certains producteurs véreux continuent encore et toujours de tirer sur la corde de certaines franchises afin d’en extraire jusqu’au dernier dollar possible. C’est typiquement le cas de la saga Scream qui s’est vue ces dernières années revenir au devant de la scène, depuis 2022, avec pas moins de trois films depuis. Ce septième opus de la saga culte, initiée par Wes Craven en 1996, vient enfoncer un peu plus le clou dans le cercueil d’une médiocrité dans laquelle la franchise semble désormais s’enliser.
Ghostface ressurgit dans la paisible ville où Sidney Prescott pensait avoir enfin trouvé la paix. Lorsque sa fille devient la nouvelle cible du tueur, Sidney est contrainte de replonger dans l’horreur qu’elle croyait derrière elle. Plus déterminée que jamais à protéger sa famille, elle devra affronter les fantômes de son passé et se mesurer une fois encore au tueur au masque, dans l’espoir de mettre un terme définitif au carnage.

Scream 7 joue le rôle de la suite ENCORE de trop, dénuée de tout intérêt, qui se contente de capitaliser sur la “marque” Scream pour attirer les fans. L’objectif est clair : séduire par le nom sans fournir le moindre effort sur la qualité de l’œuvre. Un procédé de franchisation classique qui transparaît dans chaque aspect du long métrage. Résultat: un film idiot, basique et profondément sans intérêt. Un vide artistique qui nous pousse en tant que spectateur·ice à oublier le film à la seconde où les lumières de la salle se rallument.
Pour entrer plus en détail dans les problèmes du film, on peut commencer par parler de sur-référencement permanent à la saga d’origine. Le métrage passe la majeure partie de son temps à multiplier les références de manière grossière et vulgaire aux anciens films. Un processus tout bonnement insupportable, lassant et peu subtil, traversant régulièrement la ligne rouge du ridicule, qui consiste simplement à placer au hasard dans le récit des objets, des situations, des références et surtout des personnages appréciés des précédents opus, même lorsque cela n’a aucun sens narratif. Dès la scène d’introduction – particulièrement convenue – le film enchaîne les clins d’œil appuyés, dans l’espoir évident de caresser dans le sens du poil les fans venus par attachement à la franchise. Or, permettez-moi de le rappeler, mais hurler que l’on aime la saga toutes les 30 secondes dans son film ne signifie pas pour autant en respecter le matériau d’origine. Au contraire, la franchise semble ici davantage momifiée à des fins commerciales que élevée sur un piédestal.

Évidemment, il fallait s’y attendre avec ce genre de projet aussi ouvertement mercantile, l’écriture se trouve être au mieux d’un classicisme absolu, au pire d’une bêtise affligeante. Comme dit à l’instant, le récit est parsemé d’éléments ridicules qui forcent les références aux anciens films, mais surtout le scénario regorge d’incohérences et de comportements de personnages qui sont d’un non-sens total, destinés uniquement à faire avancer l’intrigue. Les personnages prennent sans cesse des décisions contraires au bon sens, défiant toute logique et le plus élémentaire instinct de survie, simplement pour permettre au scénario de progresser. Sans parler du dénouement final, où les motivations du tueur sont enfin révélées, et qui touche alors à une forme de néant intellectuel. Et ce ne sont malheureusement pas les quelques mises à mort inventives – mention spéciale au meurtre à la tireuse à bière – qui suffisent à sauver l’ensemble.
Le traitement de l’intelligence artificielle constitue l’un des aspects les plus problématiques du film, tant son traitement est insupportable. Le long métrage trahit une incapacité flagrante à aborder la technologie autrement que de manière grossière et caricaturale. C’est à la fois maladroit et bête. D’une part car c’est visuellement moche, mais surtout parce que cette soi-disante sacro-sainte technologie miracle sert surtout à justifier tous les twists scénaristiques de la manière la plus paresseuse et grotesque qui soit. Il se dégage même une aura “boomer” dans la façon dont l’IA est représentée : une vision datée, simpliste, presque fantasmatique. Une vision ringarde de quelqu’un qui ne sait pas ce qu’est l’état de l’intelligence artificielle aujourd’hui et ses enjeux. L’intelligence artificielle devient ici un outil de facilité pour scénariste fainéant et un ressort scénaristique commode censé tout expliquer. Qui sait, peut-être que le film lui-même a été écrit par une IA ? Et d’ailleurs, au vu de sa qualité visuelle, froide et sans âme, on pourrait presque douter de la présence d’un humain derrière la caméra.

Et vous savez quoi ? En plus de tout ça, Scream 7 pose également problème dans les conditions mêmes de sa production. Apportons un peu de contexte. En novembre 2023, la production de Scream 7 ont licenciée Melissa Barrera (qui jouait Sam Carpenter, figure principale des derniers volets) après qu’elle ait exprimé son soutien au peuple palestinien et dénoncé le génocide en cours. Un renvoi injustifié qui a entraîné le départ, par solidarité, de Jenna Ortega, qui devait aussi reprendre son rôle de Tara Carpenter, et du réalisateur initial de Scream 7 Christopher Landon. Le reste du casting étant resté complètement silencieux par rapport à la situation ,malgré les demandes et les sollicitations de la presse. Un silence révélateur de ce qui se joue en ce moment dans l’industrie du divertissement états-unien mais aussi dans le reste du monde. D’ailleurs ajoutons que David Ellison, CEO de Paramount, distributeur du film, est un important donateur de l’armée israélienne et un proche direct du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Ce dernier n’est pas juste un film de divertissement moisi, mais un réel exemple du lien entre l’industrie du divertissement et les tensions politiques qui traversent Hollywood.

Pour conclure, il est évident que Scream 7 n’est vraiment pas une grande réussite. C’est même tout l’inverse! Le film est problématique à la fois pour ce qu’il propose à l’écran – à savoir une œuvre laide, creuse et mercantile – que sur sa production même, révélatrice des rapports de force à l’œuvre dans les rouages d’Hollywood. Ne perdez donc pas votre temps avec un film qui se moque de vous et pour lequel on a la sensation de ne pas avoir vu un film, mais plutôt un produit dérivé malhonnête. À l’inverse, replongez-vous dans le début de la saga Scream (en particulier le premier et le quatrième opus, tous deux réalisés par le talentueux Wes Craven), nettement plus intéressant. Des œuvres qui ont su non seulement proposer une refonte des codes du slasher avec brio, mais aussi apporter un commentaire extrêmement intelligent sur le genre. Intéressez-vous (ou replongez-vous) dans les œuvres qui ont influencé la création de la saga (Halloween, Black Christmas, Vendredi 13, When a Stranger Calls, etc.). Même si ces films ne sont pas tous des chefs-d’œuvre, ils ont chacun contribué à façonner ce courant cinématographique qu’est le slasher. Pour ce qui est de Scream 7, passez votre chemin et laissons ce dernier se perdre dans cette longue liste des suites sans passion, sans inventivité et conçues avant tout dans une logique de profit.

Date de sortie: 25 février 2026
Durée: 1h54
Réalisateur: Kevin Williamson
Avec: Neve Campbell, Courteney Cox
Warner Bros. Suisse