Tant attendu par les fans de Star Wars, mais aussi par ceux qui ont découvert la saga tout récemment, le film qui retrace les débuts du personnage charismatique de Han Solo a failli ne jamais voir le jour dans cette galaxie. Le réalisateur Phil Lord et ensuite Chris Miller ont été renvoyés par les pères de Mickey suite à des divergences d’avis et tout semblait perdu jusqu’à la venue de Ron Howard.


En effet, Han Solo a été sauvé par Lucasfilm qui a surpris tout le monde en faisant venir Ron Howard pour la réalisation dans le but de redonner une note de noblesse et redresser la barre de cette nouvelle aventure de la saga Star Wars. Un choix judicieux puisqu’il a peut-être permis au film d’être vu dans l’un des festivals les plus prestigieux et sérieux du 7e art. Même s’il fait partie des films hors-compétition, être diffusé à Cannes laisse espérer que Solo : A Star Wars Story ne sera peut-être pas la déchéance de l’empire Disney tant redoutée par les cinéphiles pour la saga Star Wars et pour tous les spin-off à venir.

Du rêve à la réalité…
Ce spin-off, qui raconte une partie de la jeunesse de Han Solo, marquera les esprits et divisera plus d’un par les choix artistiques, scénaristiques et musicaux du réalisateur Ron Howard, qui s’amuse avec une certaine liberté à nous proposer une histoire bien plus adulte et peut-être un peu trop sérieuse, qu’on n’a pas l’habitude de voir dans l’univers Star Wars. Par exemple dès ses premières images, Solo : A Star Wars Story nous laisse croire que rien n’a changé et comme pour tout Star Wars le texte habituel de « Far, Far Away… », fait son apparition, mais quelque chose n’est pas comme d’habitude, comme si le titre était mal calibré et propulsé à l’écran en dehors de tout contexte dramatique, le tout baigné dans une lumière sombre, presque trop sombre pour être lisible, n’éveillant pas la curiosité quant à ce qui suit… Pas de doutes, ce n’est pas un problème technique, mais bel et bien un choix artistique de Ron Howard. Un choix étrange qui laisse perplexe par rapport à l’ensemble de la narration. Même la photographie, signée Bradford Young (Premier Contact, Selma), est dé-saturée, souvent étalonnée numériquement pour assombrir encore plus les images, rendant la plupart des décors invisibles et c’est bien dommage au vu des magnifiques décors. Les rares espaces visibles se retrouvent plongés dans des couleurs dénuées de toute texture, sans aucune personnalité.

Le début de la fin…
Tout cela est bien étrange, car l’ambiance n’a rien à voir avec le choix de la lumière qui nous fait penser que nous sommes face à une histoire dramatique, triste et désespérée. On se demande bien quel était le but du metteur en scène avec cette absence de style qui apparemment lui tenait à cœur et pas seulement pour laisser sa signature dans une grande partie de l’œuvre. On se demande même s’il ne s’est pas tout simplement contenté, peut-être par peur de décevoir, de faire le minimum syndical en matière d’efficacité artistique et narrative. Quoiqu’il en soit, on s’attendait à mieux pour celui qui a réalisé « Da Vinci Code », « Anges et Démons » ou encore le classique « Apollo 13 » sorti en 1995.

Du côté des acteurs, il y a aussi beaucoup à dire et malheureusement pas que du positif. Alden Ehrenreich, qui incarne le personnage culte de la saga se perd des fois dans son rôle de Han Solo, et même si à la fin, on finit par s’attacher au personnage, le parcours est long et fastidieux. Même Donald Glover dans la peau de Lando Calrissian ne relève pas le niveau. Trop comique, trop caricaturale, un Austin Powers qui finit par se sauver au bon moment du film. Et que dire du jeu d’Emilia Clarke sans fâcher les fans de « Game of Thrones » ? On dira qu’elle est bien mieux pour la chasse et l’action plutôt que pour la comédie. Heureusement, certains personnages s’en sortent bien et c’est sûrement dû à l’expérience et un peu aussi au talent. Par exemple, Woody Harrelson, qui incarne le personnage de Tobias Beckett, le mentor du jeune Han Solo, nous propose un jeu sérieux, sans exagération qui rend le personnage attachant et charismatique ou encore le comédien britannique Paul Bettany (Jarvis et Vision dans Avengers), qui incarne à la perfection le rôle d’un gangster intergalactique nommé Dryden Vos. Et comme pour rendre beau quelque chose qui semble perdu, la première apparition de Chewie s’avère une très belle réussite, du début jusqu’à la fin du film.

Un nouvel espoir…
On aura beau mettre en avant les nombreux défauts et maladresses, à nos yeux, de ce nouveau spin-off de Star Wars, il y a quand même du bon dans cette œuvre. Les robots, les bêtes et la musique sont vraiment très réussis et l’idée de rendre les histoires de Star Wars un peu plus sérieuse pour un large public peut plaire à certains. Mais de là à dire que Solo : A Star Wars Story est d’une laideur peu commune, digne d’un nanar ou de l’un des pires Marvel est exagéré. N’oublions pas que tout ce qui est nouveau fait toujours peur au début et que tout le monde mérite une deuxième chance, non ? « Votre manque de foi me consterne. » – Dark Vador

Solo: A Star Wars Story
USA – 2018 – Action
Réalisateur: Ron Howard
Acteur: Emilia Clarke, Alden Ehrenreich, Donald Glover, Thandie Newton, Woody Harrelson
© Lucasfilm / Disney
23.05.2018 au cinéma

« Solo : A Star Wars Story » : un nanar intergalactique à Cannes ?
3.0Note Finale